Jean-Baptiste Boyer d’Argens,
Thérèse philosophe
(1748)
“ « Ah ! mon cher ami, s’écria-t-elle, ne m’abandonne pas : c’est mon amour pour toi, c’est le plaisir qui a dérangé mon organe ; me quitteras-tu dans cet heureux moment ? Manon, ma chère Manon, secours-moi : montre-lui ta petite moniche ; elle lui rendra la vie, elle me la rendra à moi-même, car je meurs, s’il ne finit. Place-la, mon cher Bibi, dit-elle à son amant, dans l’attitude voluptueuse où tu mets quelquefois la comtesse ma sœur ; l’amitié de Manon pour moi me répond de sa complaisance. » Pendant toute cette singulière scène, je n’avais cessé de rire jusqu’à perdre la respiration. ”
