Résumé

Jean Barrin Vénus dans le cloître ou la Religieuse en chemise… (1683)

Agnès. — Oh ! Dieu ! que cela me touche ! Je regarde cette pauvre religieuse comme une innocente victime, immolée à la rage d’un furieux, et je ne fais point de différence entre elle et les onze mille vierges.
Angélique. — Tu as raison, car on dit que celles-ci furent égorgées pour n’avoir pas voulu satisfaire la passion d’un homme, et celle-là n’a été outragée que par la même raison. Comme il n’y a point d’animal au monde plus luxurieux qu’un moine, il n’en est point aussi de plus malin et de plus vindicatif lorsqu’on méprise son ardeur.
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Jean Barrin Vénus dans le cloître ou la Religieuse en chemise… (1683)

Viens çà, ma belle enfant, me dévoiler tout ton cœur, et me prodiguer toutes tes caresses.
Virginie. — Soit, ma charmante Séraphique ; fais de moi tout ce que tu voudras. Je me mets à ta discrétion. Plût aux astres qui ont si heureusement présidé à ta naissance que tu fusses d’un sexe différent du mien ! Je serais à toi sans réserve, comme j’y suis sans restriction.
Séraphique. — Ô ma Vénus, que tu es délicieuse ! Ta belle bouche est comme une ruche qui distille le nectar et l’ambroisie. Le miel le plus pur et le plus exquis n’égale point la suavité de tes mignardises.
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Jean Barrin Vénus dans le cloître ou la Religieuse en chemise… (1683)

Angélique. — Je le veux, mon petit cœur, baise-moi donc et m’embrasse bien amoureusement auparavant. Ah ! ah ! voilà qui est bien ! Ah ! que je suis charmée de la beauté de ta bouche et de tes yeux ; un seul de tes baisers me transporte plus que je ne puis te l’exprimer.
Agnès. — Commence donc. Ah ! que tu es une grande baiseuse !
Angélique. — Je ne me lasse jamais de caresser ce que je trouve aimable. Puisque tu connais le Père de Raucourt, il n’est pas nécessaire que je te dise que c’est l’homme du monde le plus intrigant, le plus adroit et le plus spirituel qui se puisse trouver.
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