Wilhelmine Schröder-Devrient

Wilhelmine Schröder-Devrient

Résumé

Portrait de Wilhelmine Schröder-Devrient Wilhelmine Schröder-Devrient L’Œuvre des Conteurs Allemands… (1860)

L’amour physique m’attirait, il est vrai ; mais il y avait encore autre chose au cœur, une nostalgie que je n’ai jamais éprouvée pour aucun homme. C’était un amour si pur que toutes les autres femmes me dégoûtaient, et les hommes encore plus. Je ne pensais qu’à Rose, je rêvais d’elle. J’embrassais mes oreillers, je les caressais en pensant que c’était elle que je tenais. Et je pleurais, j’étais désolée de ne pouvoir la voir.
Je ne savais à qui me confier, à Nina ou à Anna ? Ou devais-je prier M. de F... de la libérer de sa peine ?
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Portrait de Wilhelmine Schröder-Devrient Wilhelmine Schröder-Devrient L’Œuvre des Conteurs Allemands… (1860)

On accorde bien à une actrice une certaine liberté d’allures ; les mille yeux du public sont une bien lourde cuirasse à sa vertu ; il lui est plus difficile qu’à toute autre femme de goûter certaines joies en cachette.
C’est ainsi que ma liaison se dénoua. Aujourd’hui, je pense encore avec plaisir au beau et spirituel prince, qui le premier m’enseigna, non pas l’amour, mais bien la volupté qu’une femme peut goûter aux étreintes d’un homme.
Ai-je besoin de vous dire, puisque vous me connaissez, que cette rupture amenée par la jalousie de Roudolphine me causa les plus vifs regrets ?
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Portrait de Wilhelmine Schröder-Devrient Wilhelmine Schröder-Devrient L’Œuvre des Conteurs Allemands…

Oui, j’avais raison : le monde se base sur l’apparence.
Maintenant que j’avais atteint mon but, que j’étais la confidente de Roudolphine et du prince, je crus ma pruderie hors de mise et j’avouai à Roudolphine, non sans feindre de rougir, que les ébats de la nuit passée et que les enlacements du prince m’avaient fait grand plaisir. Roudolphine m’embrassa très tendrement pour cet aveu. Elle était encore toute ravie de m’avoir initiée dans les mystères de l’amour, d’avoir été ma maîtresse et de m’avoir procuré une jouissance que je ne devais, au fond, qu’à ma propre ruse.
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