Ernest Daudet,
La Carmélite, par Ernest Daudet
(1883)
“ Et comme, toute frissonnante, elle gardait le silence, il ajouta d'un ton résolu : — Vous êtes ma vraie femme, Irène. J'ai beau résister à l'évidence, tout le proclame dans mon cœur. Voulez-vous vous expatrier avec moi? Ma vie vous appartient; je vous la livre pour toujours. Ici, près de Nicolette, c'est l'enfer; au loin, près de vous, ce sera le ciel. — Avez-vous bien compris la gravité de vos paroles? demanda Irène, dont le cœur se troublait au souvenir ressuscité de la passion non éteinte qu'un mot venait de ranimer. — Voilà plus d'une année que je veux vous parler, répondit Frédéric. ”
