Ernest Daudet,
Daniel de Kerfons : confession d'un homme du monde…
(1877)
“ Si elle paraissait devant toi, si elle t'aimait encore!. — Tu l'as donc vue? m'écriai-je transfiguré, le cœur rempli d'une mystérieuse espérance. — Je crois que je suis sur ses traces, répliqua-t-il, avec un embarras qui ne m'échappa pas. — Sur ses traces! Julien, tu ne me dis pas tout. — Eh bien, c'est vrai, et j'ai tort. Apprends donc la vérité. Sylvia vit, elle se nomme la comtesse Sébarni. — Ah! je le savais bien! m'écriai-je, en songeant à la belle inconnue de l'hôtel des Trois-Rois, à Bâle. Mais son mari. — Elle n'a plus de mari. Elle est veuve, et elle t'aime. ”
