Jean-Baptiste de Boyer d’Argens

Résumé

Jean-Baptiste de Boyer d’Argens Thérèse philosophe (1748)

La docile Minette, après un petit prélude, entonne un air de mouvement à trois temps coupés ; l’amant part, pousse & repousse toujours en mesure ; ses lévres semblent battre les cadences, tandis que ses coups de fesses marquent les temps. Je regarde, j’écoute, en riant aux larmes, couchée sur le même lit. Tout alloit bien jusques-là, lorsque la voluptueuse Minette, venant à prendre plaisir au cas, chante faux, détonne, perd la mesure : un bémol est substitué à un Bquarre.
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Jean-Baptiste de Boyer d’Argens Thérèse philosophe (1748)

Je concevois bien que la sœur de la Baronne se prêtoit à tout ce qui pouvoit plaire à son amant, moins par volupté que pour le retenir dans ses liens par des complaisances qu’elle lui faisoit payer cherement ; mais j’ignorois encore quel avoit été le rôle de la Comtesse que l’on me prioit de doubler. Je fus bien-tôt éclaircie : voici quel il fut.
Les deux amans me couchent sur le ventre, sous lequel ils mettent trois ou quatre coussins qui tiennent mes fesses élevées : puis ils me troussent jusqu’au-dessus des hanches, la tête appuyée sur le chevet du lit.
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Jean-Baptiste de Boyer d’Argens Thérèse philosophe (1748)

Je ne te parle point du goût de ces monstres qui n’en ont que pour le plaisir Antiphisique, soit comme agent, soit comme patient. L’Italie en produit moins aujourd’hui que la France. Ne sçavons-nous pas qu’un Seigneur aimable, riche, entiché de cette frénésie, ne put venir à bout de consommer son mariage avec une épouse charmante, la premiere nuit de ses nôces, que par le moyen de son Valet-de-Chambre, à qui son Maître ordonna, dans le fort de l’acte, de lui faire même introduction par derriere que celle qu’il faisoit à sa femme par devant.
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