Anonyme, Histoire de Mademoiselle Brion… (1754)
“ Je courus me jetter au col de ma chere Manon ; je l’embrassai mille fois : elle me porta sur le lit de Mr. de C.... ; une sueur froide qui s’étoit répandue sur tout mon corps, avoit glacé mes sens ; il me réchauffa dans ses bras ; je sentis bientôt une douce chaleur courir dans mes veines : il sembloit que mon Amant partageoit avec moi son existence : l’Amour n’est jamais si tendre qu’après les allarmes ; s’il vous rappelle les dangers qu’il vous a fait courir, ce n’est que pour avoir le plaisir de vous en dédommager, & de vous faire mieux sentir le prix de ses faveurs. ”
