François Turben

Résumé

François Turben Les Songes du printems

Je presse mollement Azila entre mes bras, & dans un même instant, je la regarde, je tombe à ses genoux, & couvre ses belles mains de mille baisers. Chaque caresse que je lui fais, me semble une reconnoissance dont mon cœur s’acquitte envers elle pour les plaisirs qu’elle vient de me donner.
Déja le sentiment ranimoit mes desirs, lorsque mon sommeil fut tout-à-coup interrompu. L’odeur de la rose m’avoit assoupi ; une de ses épines me pique & je m’éveille. La fin du plaisir est souvent la douleur.
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François Turben Les Songes du printems

Une épine qui fleurit, un ruisseau qui murmure, tout nous flatte, il est vrai, tout nous arrête, mais rien ne nous attache. C’est un regard inquiet que nous portons sur tous les objets ; nous ne trouvons nulle part ce que nous cherchons ; c’est la jouissance, c’est l’amour ; il est partout, mais il est caché.
Heureux l’instant où ce Dieu daigne nous sourire ! A sa voix nos desirs se réunissent & cessent d’accabler notre ame en la tenant divisée.
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François Turben Les Songes du printems

Chante, m’a dit cette jeune Beauté, chante ces songes dont tu m’as entretenue cent fois. Je les lirai ces songes aimables, dans ses instans de ton absence, ils en adouciront l’amertume &, sans être présent, tu seras avec moi.
Que pourrois-je refuser à Pholoé ; elle est plus belle que le jour, plus tendre encore qu’elle n’est belle ? Mon bonheur est de lui plaire, & je lui plais car elle me l’a dit.
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