Johann Georg Sulzer

Résumé

Johann Georg Sulzer Nouvelle Théorie des plaisirs

Nous savons par l’expérience, que notre âme ne peut sentir de tous les changements qui arrivent dans l’univers, que ceux qui causent certaines impressions sur les organes des sens. Il n’importe pas au succès de nos recherches présentes, de savoir si cette loi qui assujétit l’âme dans ses sensations aux mouvements du corps, est une suite nécessaire de la nature de l’âme, comme il paraît probable, ou si ce n’est qu’une institution arbitraire de l’Auteur de la nature ; il suffit que nous n’ayons aucune connaissance des changements qui arrivent dans la nature, que par le moyen des sens.
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Johann Georg Sulzer Nouvelle Théorie des plaisirs

De tous les plaisirs c’est celui qui mérite le plus d’être approfondi, parce qu’il produit & entretient la vertu. Personne ne serait vertueux, si ce n’était un plaisir de l’être. Indiquer l’origine du plaisir moral, c’est autant que d’assigner le véritable fondement de la vertu même.
Je me propose donc de rechercher ici de quelle manière ce plaisir moral est produit dans l’âme. Mon dessein n’est pas de prouver que la vertu produit le plaisir moral ; c’est le fait que je suppose & dont je tâcherai de découvrir les causes dans la nature de l’âme.
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Johann Georg Sulzer Nouvelle Théorie des plaisirs

Je ne répéterai point ici ce que nos philosophes modernes, d’après l’illustre Wolff, ont solidement établi pour prouver que l’action naturelle de l’âme, ou comme ils l’appellent, sa force essentielle, est celle de produire des idées. Il y a peu de gens qui soient accoutumés d’entrer dans des discussions métaphysiques aussi profondes. Je remarque seulement que l’âme, ne jouissant jamais des objets mêmes, mais seulement des idées qu’elle s’en forme, ne peut désirer que des idées, vu qu’il n’y a que cela même dans l’âme.
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