Résumé

Théodore Jouffroy Cours d'esthétique : suivi de la thèse du même auteur sur le sentiment du beau et de deux fragments… (1843)

Ainsi la sympathie tombe devant l'utile, comme le beau. Le plaisir excité par le beau cesse à l'apparition de l'utile, et le sentiment de l'utile étouffe le plaisir causé par la sympathie. Soit un objet utile et beau, nous n'en voyons pas la beauté, si nous en voyons l'utilité; soit un objet utile et semblable à nous, si nous en reconnaissons l'utilité, nous ne l'aimerons pas pour sa ressemblance avec nous. La sympathie, comme le beau, ne s'apprécie pas auprès de l'utile. La même réalité ne se montre pas sous deux faces a la fois.
Source : Gallica

Théodore Jouffroy Cours d'esthétique : suivi de la thèse du même auteur sur le sentiment du beau et de deux fragments… (1843)

De là vient que le sentiment du sublime est religieux, qu'il élève, détache de la terre et des petites passions, qu'il excite à la mélancolie qui a le même principe.
Tel est le sublime, tel est l'agréable; mais qu'est-ce que le beau? Ce qui me plaît immédiatement, ce qui réjouit ma sensibilité, c'est le déploiement de la vie ou de la force; mais ce n'est point là le beau. Le beau est une chose de raison et non pas de sensibilité.
La vie m'agrée; mais cette vie peut se manifester avec harmonie et unité, ou en désordre et sans harmonie.
Source : Gallica

Théodore Jouffroy Cours d'esthétique : suivi de la thèse du même auteur sur le sentiment du beau et de deux fragments… (1843)

Voilà le sentiment du beau. Si mon intelligence ne comprend pas le développement de l'objet que je vois, si elle ne se le représente pas complétement, tant il a de largeur et de dimension, si elle n'en saisit pas le bout, pour ainsi dire, je suis moitié agréablement, et moitié désagréablement affecté. Voilà le sentiment du sublime. Dans le beau, l'objet n'accomplit que ce qu'il m'est aussi permis d'accomplir, et laisse embrasser à mes yeux son développement. Il y a dans le sublime, quelque chose dont l'immensité fatigue mes yeux, leur échappe, et m'épouvante en dépassant ma portée.
Source : Gallica

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