Résumé

Théodore Jouffroy Cours de droit naturel : professé à la Faculté des lettres de Paris… (1858)

Que dit-on à l'homme, messieurs, quand on proclame la règle de l'utilité de l'individu ? On lui dit : Fais à chaque instant l'action qui te donnera, à toi, la plus grande somme de plaisir, ou la moindre somme de douleur possible. Que lui dit-on quand on proclame la règle de l'utilité générale ? On lui dit : Fais à chaque instant l'action, tiens dans chaque cas la conduite qui procurera non-seulement aux hommes qui t'entourent, mais à la société dont tu fais partie, mais à l'humanité tout entière, la plus grande somme de bonheur possible.
Source : Gallica

Théodore Jouffroy Cours de droit naturel : professé à la Faculté des lettres de Paris… (1858)

Mon âme est à chaque instant la somme des idées qui sont en moi en ce moment. Si la cire avait la perception d'elle-même, elle se croirait aussi le sujet des différentes formes qu'elle prend, et cependant elle n'est que ces formes.
Mon corps n'est de même, ni une substance, ni l'étendue, mais la succession de certains modes déterminés de l'étendue. De petit il devient grand, de jeune il devient vieux, et tout se renouvelle perpétuellement en lui comme dans l'âme, seulement moins visiblement. Il est
le fleuve de ces modifications qui s'écoulent, comme l'âme est le fleuve des idées.
Source : Gallica

Théodore Jouffroy Cours de droit naturel : professé à la Faculté des lettres de Paris… (1858)

Ainsi, connaissance, existence, réalité, perfection, vertu, bonheur, tout cela est une seule et même chose sous des faces différentes. L'âme se composant d'idées, et la fin légitime de tout être étant de persévérer dans ce qui le constitue, la fin légitime de l'âme c'est la connaissance la plus adéquate et la plus étendue possible. C'est à cette fin, approuvée par la raison, qu'aspirent toutes les passions de l'âme; s'efforcer de l'atteindre, c'est la vertu; y réussir, c'est le bonheur, c'est la perfection, c'est la réalité de l'âme. Telles sont, messieurs, les bases de la morale de Spinosa.
Source : Gallica

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