Résumé

S. Merville Les blancs : récit de l'an III (1877)

Ali ! vivrai-je assez longtemps pour réparer le temps perdu ?
— Oui, mère, dit Jeanne en l'entourant de ses bras, vous vivrez pour que nous vous aimions et que nous vous fassions oublier, à force de tendresse, tout ce que vous avez souffert.
— Ce n'est pas de mon bonheur, fit la comtesse, qu'il faut s'occuper, mais du vôtre. Jeanne, où est M. de Kervignac.
— Chez moi, en ce moment, madame, dit l'abbé.
— Vous lui direz que je désire le voir. Et ce jeune homme auquel vous vous intéressez, l'abbé ? ajouta-t-elle en regardant Louise qui rougit.
— Marcel Rey ?
Source : Gallica

S. Merville Les blancs : récit de l'an III (1877)

Le visage du vieillard était devenu livide.
Bras-de-Fer l'observait.
— Il doit y avoir pas mal de jaunets ici, fit-il en regardant autour de lui.
— Oh ! vous vous moquez, fit Blandin d'un air de comique effroi ; vous savez bien que je suis pauvre, c'est à peine si j'ai de quoi vivre pour moi et ma fille.
Comme il achevait ces mots, on entendit un pas léger qui descendait lestement l'escalier, la porte s'ouvrit toute grande, laissant pénétrer les rayons du soleil printanier, et l'on vit apparaître dans tout l'éclat de sa fraîche beauté Yvonne Blandin, la fille du vieux recéleur.
Source : Gallica

S. Merville Les blancs : récit de l'an III (1877)

Louise vint droit à lui, s'agenouilla et porta à ses lèvres la main glacée du mort.
Puis, elle entoura de ses bras le cadavre inanimé et penchant sa jeune figure contre ce visage rigide, elle le couvrit de baisers.
Les spectateurs de cette scène muette se sentaient gagnés par l'émotion.
L'adjoint se retourna pour cacher une larme.
La jeune fille s'était relevée. Elle considérait cette tête blafarde, ces yeux sans regard.
— C'est donc vrai, murmura-t-elle, qu'on l'a tué : Bernard l'honnête homme! comme ils disent ici.
— Assassiné, lui! répétait-elle.
Source : Gallica

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