Adolphe Lanne

Élements biographiques

Adolphe Lanne Le Mystère de Quiberon

Tous les trois se retirèrent dans la tente d’Humbert, qui se trouva sur leur passage, la seule qu’il y eût au camp ; je m’y réfugiai avec eux. Peu de choses dans ma vie m’ont surpris autant que ce qui se passa dans cette petite réunion. Rien de plus enjoué, de plus frivole, de moins analogue à la circonstance que la conversation qui s’y tint et dont Hoche fit les frais en grande partie. Au bout d’une heure, quoiqu’il plût encore à verse, il se lève brusquement, comme par inspiration et sort en s’écriant : « C’est assez de folies ; il est temps de faire le général [1] . »
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Adolphe Lanne Une officine royale de falsifications

« Cléry, le reconnaissez-vous ? — Ah ! Sire, c’est le même. — Si vous en doutiez, reprit le Roi, lisez ce billet. » Je le pris en tremblant... Je reconnus l’écriture de la Reine, et le billet était, de plus, signé de M. le Dauphin alors Louis XVII, de Madame Royale et de Madame Élisabeth. Qu’on juge de l’émotion que j’éprouvai ! J’étais en présence d’un Prince que le sort ne se lasse pas de poursuivre. Je venais de quitter M. l’abbé de Firmont, et c’était le 21 janvier que je retrouvais dans les mains de Louis XVIII ce symbole de la royauté que Louis XVI avait voulu conserver à son fils.
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Adolphe Lanne Le Mystère de Quiberon

L’évêque de Dol était mort ; d’Hervilly était mort et sa confession testamentaire supprimée ; le secret des intrigues de M. de Provence et de son agence de Paris était insoupçonné du public et personne n’aurait la maladresse de le dénoncer. Puisaye, dévoré du désir de rentrer en grâce auprès du prétendant qu’il avait combattu, pouvait donc croire avoir beau jeu à lui offrir, comme gage de repentir et de soumission sans retour possible, cet énorme, mais utile mensonge, qui tendait à effacer jusqu’à la trace d’une contestation ou d’une hésitation passagère sur son droit au titre royal.
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