Résumé

Portrait de Narcisse Blanpain Narcisse Blanpain Les Alliés en Champagne, 1814, par N. Blanpain (1869)

Est-ce la mort de notre père ou celle de notre mère que tu viens m'apprendre?
— Ni l'une ni l'autre, Prosper, répondit Amélie. Grâces à Dieu, le malheur n'a pas visité notre maison depuis ton départ.
— Qui t'amène donc, chère enfant, au milieu d'une armée que la fatalité semble poursuivre ?
— Je viens partager ta bonne ou ta mauvaise fortune. Au cas où tu serais blessé, je m'établirai à ton chevet. Au temps où nous vivons, dans toute femme doit battre le coeur d'une soeur de charité.
Source : Gallica

Portrait de Narcisse Blanpain Narcisse Blanpain Les Alliés en Champagne, 1814, par N. Blanpain (1869)

Adieu, Amélie. Oubliez-moi. Et le jeune homme fit un pas pour s'éloigner, mais Amélie le retint.
— Oh ! je vous en prie, Amédée, ne me quittez pas ainsi. Pourquoi lutter contre l'attraction qui nous pousse l'un vers l'autre?
Amédée avait alors vingt-six ans et, avant de connaître la soeur de son ami Prosper, il cherchait vaguement le secret du bonheur, comme on le cherche à cet âge, quand on porte dans l'âme une jeunesse où rien encore n'a fleuri, mais où les boutons ne demandent qu'à éclater sous la chaleur des sentiments.
Source : Gallica

Portrait de Narcisse Blanpain Narcisse Blanpain Les Alliés en Champagne, 1814, par N. Blanpain (1869)

Si vous saviez comme il est amer à la bouche, le pain que l'on mange à l'étranger ; puis, on a beau faire, on ne parvient jamais à éteindre en soi l'amour du sol natal ; on n'oublie pas les êtres que l'on a quittés et qui pensent à vous. Ensuite, je vous ai revue, Amélie, et j'ai songé à me créer une famille; mon âme, aigrie et desséchée par les regrets et la solitude, a rêvé les joies d'un foyer stable, les caresses de petits enfants que Dieu envoie comme des anges de son paradis et qui sont les joies de la maison. Voilà, chère bien-aimée, le beau rêve que je faisais.
Source : Gallica

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