Résumé

Portrait de Stendhal Stendhal Revue des Deux Mondes

Jules devint fort pâle ; il ajouta avec peine et comme si la respiration lui manquait : — Peut-être je vais voir disparaître ces sentimens dont l’espérance fait ma vie. Vous me croyez pauvre ; ce n’est pas tout, je suis brigand et fils de brigand.
À ces mots, Hélène, fille d’un homme riche et qui avait toutes les peurs de sa caste, sentit qu’elle allait se trouver mal ; elle craignit de tomber. Quel chagrin ne sera-ce pas pour ce pauvre Jules ? pensait-elle ; il se croira méprisé. Il était à ses genoux.
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Jules était à genoux, tenant une main d’Hélène ; celle-ci, la tête penchée, le considérait avec attention.
Jules savait bien que, suivant les conseils de ses amis, les jeunes débauchés de Rome, il aurait dû tenter quelque chose ; mais il eut horreur de cette idée. Il fut réveillé de cet état d’extase et peut-être du plus vif bonheur que puisse donner l’amour par cette idée : le temps s’envole rapidement ; les Campireali s’approchent de leur palais.
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Tout ce que l’on pouvait dire de mieux en sa faveur, c’est que sa figure était expressive sans être belle. Mais il passait pour avoir bravement combattu sous les ordres du prince Colonne et parmi ses bravi, dans deux ou trois entreprises fort dangereuses. Malgré sa pauvreté, malgré l’absence de beauté, il n’en possédait pas moins, aux yeux de toutes les jeunes filles d’Albano, le cœur qu’il eût été le plus flatteur de conquérir. Bien accueilli partout, Jules Branciforte n’avait eu que des amours faciles, jusqu’au moment où Hélène revint du couvent de Castro.
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