Résumé

Florence Strub L'Ermite de Vallombreuse, suivi de Madeleine… (1859)

DE VALLOMBREUSE. 87
Après quelques moments de doux recueillement, Térésa rompit le silence :
— Rinaldini , dit-elle, tu me demandais hier d'où je venais et où j'allais ? — Je t'ai répondu : je viens de la montagne ; — mais où je vais, je ne te l'ai pas encore dit. — Je t'ai aussi parlé de l'ermite que j'aime et que je vénère, comme je vénérerais mon père si je le connaissais. — J'ai remarqué que lorsque je t'en parlais ton front se rembrunissait. Pourquoi, ami?
— Cet homme mérite sans doute ton affection, mais tu as plus que de l'affection pour lui ; tu as presque de l'amour !
Source : Gallica

Florence Strub L'Ermite de Vallombreuse, suivi de Madeleine… (1859)

Malheureuse Térésa ! où est la mère qui me mit au monde ? Ai-je eu un père qui me sourit en mon berceau et que ma naissance combla de joie ? mes parents formèrent peut-être des projets pour mon avenir et je suis loin d'eux ! Je ne me rappelle plus même les caresses de ma famille; je m'éveille, et personne à mon réveil ne s'intéresse à moi ; je pleure, et personne ne me demande la cause de mes larmes ; il n'y a que le bon ermite et ma mère adoptive qui me témoignent un peu d'affection ici-bas, et tous deux sont déjà âgés !
Source : Gallica

Florence Strub L'Ermite de Vallombreuse, suivi de Madeleine… (1859)

Tune comprends pas, Térésa, ce que c'est que la jalousie ! C'est un ver qui vous ronge,- qui vous dévore, et il faut aimer comme je t'aime pour être jaloux d'un homme qui t'a presque élevée, et qui a montré pour toi l'affection d'un père. Qu'il est heureux de n'aimer que Dieu!.. Sa pensée voltige sans cesse au-dessus de lui; son cerveau est comme un foyer d' éther qui en s' évaporant monte à travers les rayons de lumière , et va planer dans les sphères inconnues !
Source : Gallica

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