Résumé

Portrait de Stendhal Stendhal L'Abbesse De Castro

L'amour pardonne tout, excepté l'absence volontaire; c'est qu'elle est le pire des supplices. Au lieu de se passer dans une douce rêverie et d'être tout occupée à peser les raisons qu'on a d'aimer son amant, la vie est agitée par des doutes cruels. «Mais, après tout, puis-je croire qu'il ne m'aime plus?» se disait Hélène pendant les trois longues journées que dura l'absence de Branciforte. Tout à coup ses chagrins furent remplacés par une joie folle: le troisième jour, elle le vit paraître en plein midi, se promenant dans la rue devant le palais de son père.
Source : Gutenberg

Portrait de Stendhal Stendhal L'Abbesse De Castro

Je te voyais toujours à mes côtés, dans notre jardin du palais d'Albano, lorsque la Madone t'inspira cette pensée généreuse en apparence, mais qui pourtant, après ma mère, a fait le malheur de notre vie. Tu n'étais point menaçant, mais tendre et bon comme tu le fus toujours; tu me regardais; alors j'éprouvais des moments de colère pour cet autre homme et j'allais jusqu'à le battre de toutes mes forces. Voilà toute la vérité, mon cher Jules: je ne voulais pas mourir sans te la dire, et je pensais aussi que peut-être cette conversation avec toi m'ôterait l'idée de mourir.
Source : Gutenberg

Portrait de Stendhal Stendhal L'Abbesse De Castro

«À quoi bon mentir? se disait Hélène. Est-ce que je ne l'aime pas de toute mon âme?»
A onze heures et demie, elle vit fort bien son père et son frère se placer en embuscade sur le grand balcon de pierre au-dessous de sa fenêtre. Deux minutes après que minuit eut sonné au couvent des Capucins, elle entendit fort bien aussi les pas de son amant, qui s'arrêta sous le grand chêne; elle remarqua avec joie que son père et son frère semblaient n'avoir rien entendu: il fallait l'anxiété de l'amour pour distinguer un bruit aussi léger.
Source : Gutenberg

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