“ Ouvrez en tremblant ce vaste salon : c’est le salon des Guise. Voici Henri de Lorraine, duc de Guise, vingt-quatrième comte d’Eu par Catherine de Clèves ; près de lui Anne d’Eu, sa mère, et Catherine de Médicis, qui fut sa reine. Les Guise, c’est toute une nouvelle histoire qui commence, une histoire de sang, de trahison et de vengeance, une histoire qui s’ouvre par un meurtre et qui s’achève par un meurtre. Aussi est-ce chose triste et solennelle à voir, cette salle où tous les Guise sont réunis. Vient alors Henri IV, dont le blanc panache a recouvert de sa gloire toutes ces traces de sang. ”
Guise
Définition et enjeux
La famille de Guise, figure centrale de l'histoire politique et militaire de la France, a inspiré de nombreuses réflexions au fil des siècles. Des auteurs comme Jules Janin ou Alexis de Saint-Priest ont mis en lumière leur légende, mêlant mythe et vérité, tandis qu'Alexandre Dumas ou Madame de La Fayette ont exploré leurs relations humaines et leur ambivalence.
Hippolyte Bonnellier, quant à lui, relie leur destin à des prophéties, illustrant l'ombre de l'inéluctable. Ces approches variées, allant de l'analyse historique à la fiction, révèlent une fascination durable pour une lignée liée aux régions de Picardie, à travers des lieux comme Saint-Quentin ou Cambrai, marqués par leur patrimoine.
Citations sur “Guise”
Alexis de Saint-Priest,
Revue des Deux Mondes
“ Lorsqu’on se représente le duc de Guise apparaissant sur cette mer mythologique, dans une galère peinte et dorée, tel qu’un demi-dieu, un argonaute ; toute une population à moitié nue, comme une population antique, accourant à sa rencontre avec des cris de triomphe et de joie ; on cède volontiers à ce séduisant prestige, on s’associe à l’impression des contemporains, qui, voyant Condé et Guise réunis dans un carrousel, disaient : Voilà le héros de la fable auprès du héros de l’histoire ! ”
Alexandre Dumas,
La Reine Margot
(1845)
“ À quelques pas du roi de Navarre, presque aussi pensif, presque aussi soucieux que le premier affectait d’être joyeux et ouvert, le jeune duc de Guise causait avec Téligny. Plus heureux que le Béarnais, à vingt-deux ans sa renommée avait presque atteint celle de son père, le grand François de Guise. C’était un élégant seigneur, de haute taille, au regard fier et orgueilleux, et doué de cette majesté naturelle qui faisait dire, quand il passait, que près de lui les autres princes paraissaient peuple. ”
