Auguste de Villiers de L’Isle-Adam,
Isis
“ La pensée de Tullia Fabriana ne devait pas avoir bronché dans les abîmes ; il était clair que, pareille au plongeur de la ballade, elle rapportait la coupe d’or à quelque roi inconnu. — Maintenant, c’était passé !... La lutte était finie ; l’ange était vaincu. Les sueurs mortuaires de l’angoisse, la vaste épouvante du désespoir, la sublime extase de la vie éternelle, tout cela formait, au fond de son âme, un sombre amas de souvenirs. Elle était comme un voyageur qui revient des pays inconnus. Son front grave avait la beauté de la nuit : c’était la reine du vertige et des ténèbres. ”
