Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Élements biographiques

Portrait de Auguste de Villiers de L’Isle-Adam Auguste de Villiers de L’Isle-Adam L’Ève future

Il embrassa, d’un coup d’œil, le ciel et la terre, avec un rire vague, sec, outrageant, qui renvoyait à l’Inconnu l’injure imméritée que l’on avait faite à son âme. Et ceci le remit en pleine possession de lui-même.
Alors il vit s’allumer, tout au fond de son intelligence, une pensée soudaine, plus surprenante encore, à elle seule, que le phénomène de tout à l’heure. C’était qu’en définitive la femme que représentait cette mystérieuse poupée assise à côté de lui, n’avait jamais trouvé en elle de quoi lui faire éprouver le doux et sublime instant de passion qu’il venait de ressentir.
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Portrait de Auguste de Villiers de L’Isle-Adam Auguste de Villiers de L’Isle-Adam Isis

La pensée de Tullia Fabriana ne devait pas avoir bronché dans les abîmes ; il était clair que, pareille au plongeur de la ballade, elle rapportait la coupe d’or à quelque roi inconnu. — Maintenant, c’était passé !... La lutte était finie ; l’ange était vaincu. Les sueurs mortuaires de l’angoisse, la vaste épouvante du désespoir, la sublime extase de la vie éternelle, tout cela formait, au fond de son âme, un sombre amas de souvenirs. Elle était comme un voyageur qui revient des pays inconnus. Son front grave avait la beauté de la nuit : c’était la reine du vertige et des ténèbres.
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Portrait de Auguste de Villiers de L’Isle-Adam Auguste de Villiers de L’Isle-Adam Axël

Eh bien, je te le prédis: tu ne sortiras pas de mon épée. Va, c'est comme si tu avais rencontré le tonnerre. Je vais te supprimer sans colère, comme on écarte une pierre de son chemin, sans que ta mort interrompe, en mon esprit, le cours d'une seule de ces pensées — plus hautes que ce qui nous occupe — et qui te sont inconnues. Tu es néant et je te nie, sans craindre un seul remords. Je ne t'en veux pas, je ne te vois pas. Pour moi, tu es inanimé: tu es l'éternel phalène qui, de lui-même, est accouru se détruire à l'éternel flambeau.
Source : Gallica

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