Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Résumé

Portrait de Auguste de Villiers de L’Isle-Adam Auguste de Villiers de L’Isle-Adam Contes cruels

J’entendais les mille bruits de la campagne. En rouvrant les yeux, je vis l’immense ciel livide où filaient de monstrueux nuages ternes, cachant la lune,—la nature solitaire. Cependant, je me tins droit et ferme, quoique je dusse être blanc comme un linge.
—Voyons! me dis-je, du calme!—J’ai la fièvre et je suis somnambule. Voilà tout.
Je m’efforçai de hausser les épaules: un poids secret m’en empêcha.
Et voici que, venue du fond de l’horizon, du fond de ces bois décriés, une volée d’orfraies, à grand bruit d’ailes, passa, en criant d’horribles syllabes inconnues, au-dessus de ma tête.
Source : Gutenberg

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Grâce à la profonde et toute-puissante volonté de M. d’Athol, qui, à force d’amour, forgeait la vie et la présence de sa femme dans l’hôtel solitaire, cette existence avait fini par devenir d’un charme sombre et persuadeur.—Raymond, lui-même, n’éprouvait plus aucune épouvante, s’étant graduellement habitué à ces impressions.
Une robe de velours noir aperçue au détour d’une allée; une voix rieuse qui l’appelait dans le salon; un coup de sonnette le matin, à son réveil, comme autrefois; tout cela lui était devenu familier: on eût dit que la morte jouait à l’invisible, comme une enfant.
Source : Gutenberg

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Depuis l’enfance, Véra plaignait, de ses grands yeux, le visage maternel et si pur de l’héréditaire madone, et, de sa nature, hélas ! ne pouvant lui consacrer qu’un superstitieux amour, le lui offrait parfois, naïve, pensivement, lorsqu’elle passait devant la veilleuse.
Le comte, à cette vue, touché de rappels douloureux jusqu’au plus secret de l’âme, se dressa, souffla vite la lueur sainte, et, à tâtons, dans l’ombre, étendant la main vers une torsade, sonna.
Un serviteur parut : c’était un vieillard vêtu de noir ; il tenait une lampe, qu’il posa devant le portrait de la comtesse.
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