Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Résumé

Portrait de Auguste de Villiers de L’Isle-Adam Auguste de Villiers de L’Isle-Adam L’Ève future

En cet instant de silence, lord Ewald crut sentir passer, brusquement, sur son front le vent de l’Infini.
― Ah ! s’écria, d’une voix stridente Edison, qui se leva les yeux étincelants, puisque je me sens ainsi défié par l’Inconnu, soit ! Voici. Je prétends réaliser pour vous, milord, ce que nul homme n’a jamais osé tenter pour son semblable. ― Je vous dois la vie, encore une fois : c’est bien le moins que j’essaie de vous la rendre.
Votre joie, votre être, sont, dites-vous, les prisonniers d’une présence humaine ? de la lueur d’un sourire, de l’éclat d’un visage, de la douceur d’une voix ?
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Portrait de Auguste de Villiers de L’Isle-Adam Auguste de Villiers de L’Isle-Adam L’Ève future

Eaux vives, dont les pleurs ruissellent sur cette écume de neige, en clartés plus pures que les lueurs de mes larmes sur mon visage ! Et vous, cieux d’Espérance, — hélas ! si je pouvais vivre ! Si je possédais la vie ! Oh ! que c’est beau de vivre ! Heureux ceux qui palpitent ! Ô Lumière, te voir ! Murmures d’extase, vous entendre ! Amour, s’abîmer en tes joies ! Oh ! respirer, seulement une fois, pendant leur sommeil, ces jeunes roses si belles ! Sentir seulement passer ce vent de la nuit dans mes cheveux !... Pouvoir, seulement, mourir !
Hadaly se tordait les bras sous les étoiles.
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Je rêve ! Je ne puis m’empêcher, ― et, cependant, je n’ai pas envie ― de rire.
― Ah ! je comprends et je partage votre impression ! répondit mélancoliquement Edison ; mais songez au prix de quels riens, ajoutés les uns aux autres, se produit, parfois, un ensemble irrésistible ! Songez à quels riens tient l’amour même !
La nature change, mais non l’Andréïde. Nous autres, nous vivons, nous mourrons, ― que sais-je ! L’Andréïde ne connaît ni la vie, ni la maladie, ni la mort. Elle est au-dessus de toutes les imperfections et de toutes les servitudes ! Elle garde la beauté du rêve.
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