Jules Marsan, Autour du romantisme (1937)
“ Voici, en bref, le sujet. Follement amoureux de l'incomparable beauté de sa maîtresse Alicia Clary, mais meurtri par sa médiocrité intellectuelle et morale, le jeune lord Ewald a perdu le goût de la vie. ”
Jules Marsan, Autour du romantisme (1937)
“ Voici, en bref, le sujet. Follement amoureux de l'incomparable beauté de sa maîtresse Alicia Clary, mais meurtri par sa médiocrité intellectuelle et morale, le jeune lord Ewald a perdu le goût de la vie. ”
comte de Auguste Villiers de L'Isle-Adam, L'Ève future
“ Lord Ewald, tout à coup, s'écria, cédant à quelque irritation juvénile, jusque-là contenue:--Ah! qui m'ôtera cette âme de ce corps!--C'est à croire à quelque inadvertance d'un Créateur! Je ne pensais pas que mon coeur méritât d'être attaché au pilori de cette curiosité!--Demandais-je tant de beauté, au prix de tant de misère? Non. J'ai DROIT de me plaindre. Une enfant d'un coeur simple, d'un visage vivant, éclairé par des yeux aimants et ingénus, et j'eusse accepté la vie ”
Auguste de Villiers de L’Isle-Adam,
L’Ève future
“ Sur quoi lord Ewald avait donné l’ordre qu’on sellât son poney. C’était au déclin d’une orageuse après-midi ; l’on eût dit que la nature s’accordait avec l’événement attendu : Edison semblait avoir choisi son heure. C’était le crépuscule d’une journée d’éclipse. À l’Occident, des rais d’une aurore boréale allongeaient sur tout le ciel les branches de leur sinistre éventail. L’horizon donnait la sensation d’un décor ; l’air vibrait, énervant, sous les frissons d’un vent chaud et lourd qui faisait tournoyer des tas de feuilles tombées. ”
Auguste de Villiers de L’Isle-Adam,
L’Ève future
“ Sur le parterre vertical des talus fleuris, une foule d’oiseaux, balancés sur des corolles, raillaient la Vie au point, les uns, de se lustrer d’un bec factice et de se duyser la plume ; les autres, de remplacer le ramage par des rires humains. À peine lord Ewald se fut-il avancé de quelques pas, que tous les oiseaux tournèrent la tête vers lui, le regardèrent, d’abord, silencieusement, puis éclatèrent, tous à la fois, d’un rire où se mêlaient des timbres de voix viriles et féminines : si bien qu’un instant il se crut en face d’une assemblée humaine. ”
A. Geffroy, Revue des Deux Mondes
“ Racheté par sa famille à grand’peine, il s’éprend d’une jeune fille qui épouse un rival, et, las d’une vie turbulente qui ne lui apporte que déceptions, il se console avec la poésie. — Cependant, de toutes les émotions qui peuvent fortifier le cœur et l’esprit de l’homme en l’éprouvant, aucune n’est perdue pour celui qui est véritablement né poète. Ewald dut sans aucun doute aux nombreuses vicissitudes de sa vie l’ardeur avec laquelle il s’élança sur les traces de Klopstock et l’essor tout lyrique de sa muse. ”
Ernest Renan,
Revue des Deux Mondes
“ La partie excellente de l’œuvre de M. Ewald est le récit de la période purement hébraïque, depuis Samuel jusqu’aux Macchabées. L’histoire de David et de Salomon, le rôle des prophètes, les diverses révolutions religieuses de l’époque des rois, les temps de la captivité, le caractère de la poésie hébraïque, et surtout de celle des Psaumes, sont de merveilleux exposés qu’il sera possible de rectifier en bien des points, mais non de dépasser quant à l’ensemble et à la conception générale. ”
“ Par cette position, mon livre comparé avec la rédaction première et avec les écrits dictés par une opinion opposée à la mienne, paraîtra avoir perdu en unité ; mais il a gagné, j’espère, en vérité. Quant à la forme, j’avais vécu dans la sécurité la plus complète, parce qu’elle avait été louée par des juges qui ne m’étaient pas d’ailleurs favorables ; mais tout récemment Ewald, parmi beaucoup d’autres dures accusations, m’a reproché l’abus des mots étrangers. En conséquence, j’ai fait attention à ce reproche, et j’ai trouvé réellement qu’à cet égard je m’étais donné trop de licence ”
Ernest Renan,
Le Cantique des cantiques
“ Mais il faut se rappeler que les vraisemblances scéniques ne sont pas dans notre poëme rigoureusement observées. C’est pour le public bien plus que pour ses frères que la Sulamite intervient ; ce qu’elle veut, c’est bien moins raconter clairement son aventure qu’affirmer sa victoire et insister, conformément à la pensée du verset 7, sur la défaite de Salomon. — M. Ewald a proposé une autre explication. Selon lui, le dialogue des frères serait prononcé par la Sulamite. ”
Gustave Vapereau,
Dictionnaire universel des littératures
(1876)
“ Vers la fin du règne de Christian VII, qui marque le point culminant de celle influence, le génie danois, que les efforts patriotiques de Jean Ewald n'avaient pu ramener à la conscience de lui-même et au souvenir de ses origines, se personnifie de nouveau dans un écrivain fécond, qui, guidé par lu critique et l'archéologie, retrempe la poésie danoise aux sources Scandinaves et unit l'originalité à la science: Œhlenschlaeger traite le poëme et le roman, l'élégie et l'esthétique. Au théâtre, il aborde la comédie, la tragédie, le drame, l'opéra. ”
A. Geffroy, Revue des Deux Mondes
“ S’il est vrai que les races du Nord accueillent volontiers la rêverie, celle qui suit la méditation leur convient, et non celle qui accompagne le mysticisme; et si le mysticisme, ce dangereux abus de l’imagination, se rencontre quelque part dans le monde scandinave, la Suède peut-être en fournirait seule des exemples : c’est une maladie particulièrement allemande; or les Danois n’ont rien d’allemand, ni dans l’esprit ni dans les veines. Ewald avait admiré Klopstock sans qu’un asservissement total étouffât son patriotisme et sa verve particulière ”
Vie de saint Marien, solitaire d'Evaux… (1882)
“ La vaste et belle église d'Evaux, déjà trop étroite pour la piété de ses propres habitants, est impuissante à contenir cette foule empressée ; aussi est-ce au désert du Saint, dans la solitude sanctifiée par sa présence, que les pasteurs conduisent leurs peuples. Là, au moins, ils pourront trouver place, au milieu de la forêt, sur le pic des rochers, sur les bords escarpés du Cher, et tout leur rappellera Marien, tout leur redira sa pénitence et son humilité. ”
François-Auguste Marichal, Vie et culte de Saint Evrard (1866)
“ Çette fête est exclusivement religieuse; il n'y a pas le moindre divertissement et rien ne trouble le recueillement des deux paroisses. La journée entière se passe- en actes de piété et en témoignages de gratitude à saint Evrard, pour les faveurs qu'il a obtenues à Luzy et àVerbiesles, par sa puissante protection. Outre le tombeau de saint Evrard, œuvre des plus curieuses, on voit encore dans l'église de Luzy, au fond du chœur, un magnifique vitrail représentant notre saint en costume île berger, la couronne de comte à ses pieds. ”
René de Pont-Jest,
Le Serment d'Éva
“ Le cœur de ceux qui l’écoutaient avait bondi de patriotisme, et lorsqu’ils eurent baisé l’anneau de Saint-Pierre qu’il portait à l’index de la main droite, Pie IX ajouta en s’adressant à Éva, avec un accent plus doux, plus consolateur encore : — Ne désespérez pas, vous guérirez avec l’aide de Dieu, et consacrerez votre vie à l’interprétation des grands poètes croyants de votre pays. La foi est la source de tous les courages ! ”
“ Mais, mon bon monsieur Groult, qui vous répondra de la probité de ce Samuel Eward ? S’il gardait tout pour lui, ce serait bien indélicat de sa part, mais bien déplaisant pour vous. Il faut songer à tout. On voit tant de malhonnêteté en ce bas monde ! Avisez. Soyez prudent. Je ne veux que votre bien. Le vieil homme passa entre ses lèvres la fine pointe de sa langue de lézard et continua : — Je vous avertis. Un homme averti en vaut deux. Je connais la personne qui possède l’acte de décès de Samuel Ewart. Cette personne n’est ni un Turc ni un juif. Elle ne vous veut pas de mal ”
René de Pont-Jest,
Le Serment d'Éva
“ Et la hardiesse est assez grande de nous montrer, dans Éva, la foi catholique alliée à la passion irrégulière et condamnée, en triomphant et se couronnant d’un martyre involontaire, qui ne touche pas le cœur d’un père dont la foi étroite et dure n’est, pour ainsi dire, que l’apparence et la lettre de la foi chrétienne, faite de miséricorde et de pardon. ”
Adolphe de Bouclon, Histoire de monseigneur Olivier… (1855)
“ Mais on le conjectura facilement sur cette simple observation : il était parti prônant M. Olivier, évêque nommé d'Evreux, et à son retour il déblatérait, avec autant de verve, moins l'esprit, que le Journal de l'Elire, contre M. Olivier, curé de SaintRoch. Il ignorait qu'à Paris surtout les gens de la pire espèce, les plus méprisables et les plus méprisés, sont ceux qui, en courbant la tête devant les nouvelles grandeurs, cherchent à s'élever sur les ruines des autres. ”
Adolphe de Bouclon, Histoire de monseigneur Olivier… (1855)
“ Et la bonne ville d'Evreux, la ville fidèle, la ville bien-aimée, restera-t-elle impassible ? Est-il bien vrai que son évêque était discrédité à ses yeux, qu'il ne pouvait plus vivre au milieu d'elle ? Scandalisée, indignée, elle attendait la saint Nicolas pour faire sa grande manifestation. Ce jour là elle se lève comme un seul homme ; elle remplit les salons de l'évêché. Elle est si compacte qu'il n'y a plus de place pour elle, il faut lui ouvrir jusqu'à la chambre d'honneur, jusqu'au cabinet de la bibliothèque particulière de l'évêque. Toute l'élite de la ville est là. ”
François-Auguste Marichal, Vie et culte de Saint Evrard (1866)
“ La légende de saint Evrard a bercé notre enfance, et plus tard, nous avons obtenu, par son intercession, une faveur qui, en lui donnant un titre éternel à notre reconnaissance, nous a engagé à étudier sa vie dans ses moindres détails. Depuis longtemps nous désirions l'écrire, quand la Semaine Religieuse est venue nous en fournir une occasion des plus favorables. Nous nous empressons de la saisir, et nous dédions notre travail à nos compatriotes, ainsi qu'aux habitants de Luzy et de Verbieslés, qui, nous l'espérons, voudront bien l'accueillir. ”
Adolphe de Bouclon, Histoire de monseigneur Olivier… (1855)
“ Un soleil magnifique, ce soleil qui ne refusa jamais ses rayons à M. Olivier, aux grands jours, resplendissait sur Evreux, et favorisait la solennité de son éclat. Les casques dorés des sapeurs-pompiers reflétaient ses feux; les baïonnettes des soldats, en se mouvant, nous envoyaient des éclairs. Les cloches sonnaient, le canon tonnait, les tambours battaient aux champs, la foule poussait ses acclamations. ”
“ Rappelons-nous que l'Etre-Suprême a fait du repentir une des plus grandes vertus des EVÉLINA. 263 mortels, qu'il accueille avec joie, loin de le repousser, celui qui pleure sur ses fautes ; ne soyons donc pas plus sévères que la justice divine, n'exigeons pas plus que Dieu. Ah! madame, si comme moi vous aviez été témoin de la vie de cette jeune fille à la terre, de Saint-Maurice où elle s'est retirée; si comme moi vous aviez entendu les bénédictions des indigens qu'elle consolé; si comme moi vous aviez vu avec quelle sage prévoyance elle distribue ses nombreux bienfaits ”
Adolphe de Bouclon, Histoire de monseigneur Olivier… (1855)
“ La noble et pieuse dame jugeait avec raison que l'abbé Olivier faisait trop de bien, que ses succès étaient trop éclatants, son mérite trop rare, sa renommée trop brillante, pour que la supériorité de ses talents et la pureté de son zèle nelui créassent pas, tôt ou tard, des persécuteurs et des ennemis. Quand il y a un homme de Dieu sur la terre, il ne manque jamais de pharisiens jaloux pour lui tresser une couronne d'épines. L'artiste, véritablement inspirée comme elle le demandait à Dieu, voulut mettre sous les yeux de l'abbé Olivier ce qu'il devait être un jour. ”
L'Histoire de France racontée par les Contemporains…
“ Ici brillent par leur valeur le comte Eudes, son frère Robert, et le comte Ragenaire; là se fait remarquer le 44 vaillant abbé Ebble, neveu de l'évêque. Le prélat est légèrement atteint d'une flèche aiguë; Frédéric, guerrier à son service, dans la fleur de l'âge, est frappé du glaive; le jeune soldat périt; le vieillard, au contraire, guéri de la main de Dieu, revient à la santé. Beaucoup des nôtres voient alors leur dernier jour; mais eux, de leur côté, font aux ennemis de cruelles blessures. Ils se retirent enfin, emportant une foule de Danois à qui reste à peine un souffle de vie....... ”
Albert Tesnière, Le révérend père Eymard, fondateur de la Société du Très-Saint-Sacrement (1870)
“ Leur nom dit leur vie. Elles servent l'Eucharistie par amour : elles travaillent au règne de Notre-Seigneur dans la prière et l'immolation à ses pieds. Pour elles, comme pour les religieux du Très-Saint-Sacrement, le seul moyen d'honorer Notre-Seigneur est de s'anéantir : le Père Eymard ne croyait pas qu'il pût y en avoir d'autre, et l'esprit des Servantes, contenu dans leur règle composée par le Père, développé dans les instructions nombreuses qu'elles reçurent de sa bouche, se résume en deux mots : « Exalter Notre-Seigneur et s'anéantir soi-même ». ”
Nicolas-Pierre-Christophe Rogue, Souvenirs et journal d'un bourgeois d'Évreux… (1850)
“ AIR : Ne v'là-t-il pas que j'aime Eh ! Qu'importe la qualité Ou le nom de Turenne, Jeune et brillante beauté; Partout n'est-on pas reine la Tour d'Auvergne, duc de Bouillon, comte d'Evreux , etc. (1) . Le mardi 23 novembre, on fit à Evreux l'installation des juges du district. Les juges se rendirent sur les neuf heures du matin à l'Hôtel-de-Ville; ce fut là que toute la garde nationale d'Evreux les prit pour tes conduire aux audiences. On chanta une grande messe dans la chapelle de la prison et ensuite un Te Deum. Pendant la cérémonie, les cloches de toute la ville sonnèrent. ”
“ Adieu... et encore adieu pour aujourd'hui, mon Éva bien-aimée; pendant un instant, je viens d'interrompre ce jour pour aller jusqu'à la tente de Djalma; il dormait paisiblement, son père le veillait; d'un signe il m'a rassuré. L'intrépide jeune homme ne court plus aucun danger. Puisse le combat de demain l'épargner encore!... Adieu, ma tendre Éva; la nuit est silencieuse et calme, les feux du bivouac s'éteignent peu à peu; nos pauvres montagnards reposent, après cette sanglante journée ”
Adolphe de Bouclon, Histoire de monseigneur Olivier… (1855)
“ L'émotion de M. Olivier était visible, et bien partagée par tous les assistants, en voyant le pieux et vénérable Vieillard, Claude Olivier, se courber profondément pour être bénit par son fils ! Le nouveau prélat leva en même temps les yeux au ciel : ce regard était pour sa mère ! On avait pu juger, par l'affluence de toutes les illustrations de la capitale et le concours des fidèles, quel vif intérêt avait excité le nouvel évêque; et comment il avait été accueilli dans toute l'église Saint-Roch avec les marques d'un profond respect. ”
Christoph von Schmid,
190 contes pour les enfants (5e édition…
(1887)
“ Oswald mit la main sur son cœur et dit : « J'affirme sur mon honneur que je n'ai jamais eu la moindre connaissance de cette bague. En vérité, mon ancien ami doit être hors de son bon sens. — Edmond, dit alors le juge, avez-vous un témoin qui puisse attester que vous avez remis la bague à Oswald ? — Hélas ! répondit Edmond, au moment où je lui confiai la bague, il n'y avait pas d'autre témoin que le grand hêtre qui s'élève là-bas au milieu des champs et à l'ombre duquel nous nous fimes nos adieux. » ”
Adolphe de Bouclon, Histoire de monseigneur Olivier… (1855)
“ On ne vit plus que de petits enfants, proprement habillés, se rendant en ordre aux écoles publiques. Les aumônes surpassèrent toutes les prévisions du bienfaisant orateur, dont la parole était le trésor des pauvres. Les vieillards et les infirmes éprouvèrent que l'homme de la main droite de Dieu était passé par là. Puisse Evian conserver longtemps l'institution bienfaisante de notre évêque. Il n'a pas du moins perdu le souvenir de son passage. Sa mort y a été pleurée par les pauvres. ”
Henrik Ibsen,
Les Revenants, La Maison de poupée
“ Oswald doit-il aimer et respecter le chambellan Alving ? le pasteur. — N’y a-t-il pas une voix de mère qui vous défende de briser l’idéal de votre fils ? madame alving. — Et la vérité, donc ? le pasteur. — Et l’idéal, donc ? madame alving. — Oh ! l’idéal, l’idéal ! Si j’étais seulement plus courageuse que je ne le suis ! le pasteur. — Ne jetez pas la pierre à l’idéal, madame, car il se venge cruellement. Et puisqu’il s’agit d’Oswald, Oswald, hélas ! n’est pas très riche d’idéal ; mais autant que j’ai pu voir, il en est un pour lui : c’est son père. ”
Ladislas de Marlioz, Les Clarisses d'Évian-les-Bains (1885)
“ Le 12 juin 1783 est pieusement décédée dans notre Monastère, notre chère Mère vicaire, Sœur Marie-Hyacinthe Guillot, native de cette ville d'Évian, paroisse de la Touvière. Elle était âgée de soixante-dix ans et en avait passé cinquante-deux dans la vie religieuse où elle a cherché tous les moyens pour se rendre utile à la Communauté. Très-intérieure, fille d'oraison et de silence, elle conservait toujours la présence de Dieu dans les occupations même les plus dissipantes ; elle nous laisse de grands exemples de vertu et de mortification. ”
