Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Résumé

Portrait de Auguste de Villiers de L’Isle-Adam Auguste de Villiers de L’Isle-Adam Le Parnasse contemporain/1866

Elles ne tendaient plus, croix par l’ombre insultées,
Les couronnes des morts, fleurs de deuil, emportées
Dans les flots tonnants, par les tempêtes, la nuit !
Mais, de ces vieux tombeaux dormant sous les érables,
Désertés, soucieux, aux décombres pareils,
L’ombre questionnait en vain les noirs sommeils :
Ils gardaient le secret des cieux impénétrables.
Frileuse, elle voilait, d’un cachemire noir,
Son sein, royal exil de toutes mes pensées !
J’admirais cette femme aux paupières baissées :
Sphynx cruel, mauvais rêve, ancien désespoir.
Ses regards font mourir les enfants.
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Portrait de Auguste de Villiers de L’Isle-Adam Auguste de Villiers de L’Isle-Adam Le Parnasse contemporain/1866

Je sens que c’est mon sort, même dans les trépas :
» Et, soucieux encor des regrets ou des fêtes,
» Si les morts vont chercher leurs fleurs dans les tempêtes,
» Moi, je reposerai, ne les comprenant pas. » —
Je saluai les croix lumineuses et pâles !
L’étendue annonçait l’aurore, — et je me pris
A dire, pour calmer ses ténébreux esprits
Que le vent du remords battait de ses rafales,
Et pendant que la mer déserte se gonflait :
— « Au bal, vous n’aviez pas de ces mélancolies,
» Et les sons de cristal de vos phrases polies
» Charmaient le serpent d’or de votre bracelet.
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