“ En effet, la musique ne sait exprimer que les grandes affections de l’ame. Vous avez beau faire, ce n’est jamais que l’amour, jamais que la mélancolie ou le désespoir ; le fond reste le même, le détail seul varie. Et croyez-vous qu’un musicien qui se sent au cœur la vie mélodieuse, ait besoin pour chanter la joie ou la tristesse, d’avoir sous les yeux quatre pauvres vers mal rimés, et qu’il n’y ait pas dans un rayon de soleil, dans un ciel d’automne, dans certaines dispositions de l’ame, plus de musique et d’inspiration que dans toutes les fantaisies des poètes de l’Opéra ? ”
H. W.
Élements biographiques
H. W., auteur de la « Revue des Deux Mondes », examine avec acuité la force émotionnelle de la musique et sa faculté à exprimer les sentiments profonds de l’âme.
Son œuvre, imprégnée d’une admiration pour le génie céleste de Mozart et la poésie lyrique de Rossini, met en évidence la relation entre musique et vers, où chaque air devient un chant à l’amour ou à la tristesse. À travers des méditations sur les chanteuses et les compositeurs, il souligne l’éternité de l’art, où la grâce et l’ardeur dépassent les époques.
Citations de H. W.
“ Si Beethoven, Weber, Cimarosa, Paisiello et Rossini sont des rois dans la hiérarchie, Mozart, lui, est un ange. En effet, jamais il ne manque un seul instant à sa vocation divine ; toute mélodie qui sort de ses lèvres est de flamme ; s’il touche à la réalité, la réalité se transforme et s’incarne aussitôt dans la plus radieuse poésie. On peut dire de lui qu’il se meut dans le sublime comme en son élément naturel ; quelle que soit l’œuvre où il s’applique, Idoménée, la Flûte enchantée, Don Juan, les Noces de Figaro, jamais son génie ne descend des hauteurs qu’il habite. ”
“ Aucune influence humaine n’altère ses charmes immaculés, son innocence fait toute son immortalité, et c’est par ce sentiment, dont la critique n’étouffera jamais le dernier germe dans les choses de l’imagination, que la poésie et la musique d’un même pays se confondent. Dites-moi si la mélodie heureuse et pure, si la phrase trempée de mélancolie et d’amour qui s’exhale des lèvres de Cimarosa, ne semble pas faite pour emporter vers le ciel la rime incomparable de l’amant de Laure, et si l’inspiration aérienne de Weber n’est pas sœur de la fantaisie harmonieuse d’Hoffmann ou de Novalis ? ”
