Résumé

Camille Guymon Le Corrège à Parme, par Camille Guymon (1877)

On peut, croyons-nous, avancer que le Corrège doit au Mantegna d'avoir été encouragé, par l'exemple de ce digne artiste, à persévérer dans la voie qu'il s'était ouverte à lui-même: l'interprétation libre et sincère de la nature guidée par un sentiment très-pur de l'idéal, un sens délicat et parfait des convenances esthétiques. La vérité dans le beau idéal, en un mot, telle fut la synthèse de l'enseignement tacite du peintre de Venise que recueillit le disciple parmesan, que jamais il ne méconnut et qui devait insensiblement le conduire aux limites suprêmes de l'art.
Source : Gallica

Camille Guymon Le Corrège à Parme, par Camille Guymon (1877)

Quelle séve, quelle grâce, quel débordement de vie et de sentiment se dégage de ces têtes pensives et exquises, et comme chacune répond bien à l'idéal qu'on s'en peut faire. Le saint Jérôme par sa gravité fière, forte, affectueuse, la Vierge par sa tendresse inaltérable et sa maternelle attitude, l'enfant Jésus par sa joie enfantine et communicative, ne donnent-ils point la juste mesure de ce que conçoit l'imagination la plus active et la plus pénétrante?
Comment louer assez et l'ange qui porte le
livre éternel et la Madeleine?
Source : Gallica

Camille Guymon Le Corrège à Parme, par Camille Guymon (1877)

Jamais Anselmi ne fit rien de si crâne, de si palpitant, de si profondément humain.
Est-il possible de méconnaître Corrège dans la Vierge affaissée, douloureuse et si pathétique dans sa douleur ? Que l'on compare d'ailleurs cette tête de mater dolorosa avec celle de la Mise au tombeau : n'est-ce pas le même dessin, la même facture plus expérimentée ici que là? Niera-t-on l'auteur du saint Jérôme dans ce Christ à robe blanche, d'un
si poignant et si pénétrant sentiment, ainsi que dans l'apôtre qui se précipite au secours de son divin Maître ?
Source : Gallica

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