“ Comment la concubine d’un homme pourrait-elle jamais devenir la femme d’un roi ? » — « Qui donc ici appelles-tu concubine ? » s’écria l’épouse de Gunther. — « C’est toi que je nomme ainsi, dit Kriemhilt. Mon mari bien-aimé, Siegfrid, a le premier possédé ton beau corps. Oui, ce n’est pas mon frère qui t’a eue vierge. « Où donc étaient tes esprits ? C’était par un coupable caprice que tu le laissais aimer par celui qui était ton vassal. C’est donc sans raison, ajouta Kriemhilt, que tu voudrais te plaindre de mes paroles. » — « Par ma foi, répondit Brunhilt, je dirai tout ceci à Gunther. » ”
Anonyme
Résumé
Les Nibelungen, œuvre anonyme du Moyen Âge germanique, raconte les destins tragiques de héros tels que Siegfried, Kriemhilt et Gunther, liés par un enchevêtrement de vengeance, d’honneur et de destin. Cette épopée, imprégnée de thèmes guerriers, de rapports de pouvoir et de conflits familiaux, met en scène des armes symboliques (épée, bouclier) ainsi que des tensions entre souveraineté et loyauté.
Les paroles percutantes, comme celles de Kriemhilt dénonçant la trahison, révèlent la complexité des rapports humains. L’œuvre, marquée par une fatalité inéluctable, se termine par la chute des protagonistes, illustrant l’impuissance face aux forces du destin.
Citations de Les Nibelungen (Anonyme)
“ Le héros de Vérone répondit : « — Il devait en être ainsi ! Gunther, noble roi au nom de tes vertus, répare les maux que tu m’as faits et compose avec moi sur le dommage, afin que je puisse te le pardonner. « Rends-toi prisonnier avec ton homme-lige, et je te protégerai ici chez les Hiunen, en sorte que nul ne vous offensera, et vous ne trouverez en moi que fidélité et bienveillance. » — « Le Dieu du ciel ne peut permettre, dit Hagene, que se rendent à toi deux guerriers, qui, bien armés, peuvent se défendre si vaillamment et qui marchent encore libres et fiers en face de leurs ennemis. » ”
“ Dietrîch lia Hagene, le conduisit à Kriemhilt et remit entre ses mains le plus vaillant guerrier qui jamais porta l’épée. Après de si amères souffrances, la joie de la reine fut vive. De plaisir elle s’inclina devant le noble prince : — « Sois toujours heureux en ton corps et en ton âme. Tu me consoles grandement dans ma détresse. Je serai toujours prête à t’obliger. » Le seigneur Dietrîch prit la parole ; — « Il faut le laisser vivre, noble reine, et il se peut qu’un jour il répare tout le mal qu’il vous a fait. Il ne faut point qu’il pâtisse de ce que je vous l’ai livré les mains liées. » ”
