Gustave Le Vavasseur,
Dans les herbages
(1877)
“ Sinet a le vin mauvais et lucide. Il cherche toutes les menues choses dont il a besoin avec une impatience fébrile, les trouve à point et s'en empare avec une sorte de rage automatique. Il allume sa lanterne, prend une grosse clef et se dirige vers le cellier, un broc d'étain à la main. La Sinette est brisée de fatigue, mais l'ordre est sans réplique. Elle s'empresse d'obéir, jette un fagot dans l'âtre, décroche la poêle, casse et bat les œufs. On sent qu'un orage gronde sourdement dans le cœur de l'ivrogne, tandis que la cuisine se fait en paix et gaiement. ”

