Noël Sabord

Élements biographiques

Noël Sabord Fontbrune : roman (1943)

« Je vous baise les mains, ma bien-aimée cousine. Gardez mon souvenir et plaignez-moi.
« RODOLPHE. »
P. S. — Je m'aperçois, à me relire, que je ne vous ai guère parlé que de moi-même. Mais votre deuil est le mien, et je partage votre affliction, en frère. Ce vêtement sombre que vous m'avez toujours connu n'est aujourd'hui qu'une faible image de la double désolation de mon âme. Je n'ai point de peine à renoncer au monde pour pleurer.
On devine quelle impression cruelle d'abandon dut causer à Yvonne de Fontbrune une pareille lettre en un pareil moment.
Source : Gallica

Noël Sabord Fontbrune : roman (1943)

« Ce qu'on a », c'est-à-dire ce qu'on acquiert de son argent si durement gagné, avec le droit, vieux comme le monde, d'en user à sa guise, si ce n'est pour nuire au voisin, à ses arbres ou à ses bêtes.
« Ce qu'on a », c'est-à-dire aussi ce qui appartient à tous et n'est en propre à personne, comme l'air du temps, la clarté du jour, les champignons des bois, le poisson du Tardouère. Tout ce qui court par nos champs, tout ce qui nage dans nos eaux, tout ce qui vole sous notre ciel, tout ce que notre terre pousse, nourrit et porte à l'intérieur de ses « divises » et même un peu au delà.
Source : Gallica

Noël Sabord Fontbrune : roman (1943)

Sa mine funèbre, son cri d'angoisse dans la nuit, offensent la joie et apeurent les quiétudes. Honni, bafoué, emprisonné, on essaiera de l'apprivoiser, de l'avilir. Silencieux et fier, il se verra menacer des pires supplices ; on songera à le crucifier comme un dieu dont la sagesse menace le monde. Le moins qu'il puisse endurer, c'est d'être ainsi rejeté dans sa nuit d'un geste ignominieux. Mais peut-être, après tout, n'est-il en effet qu'un oiseau de malheur et de ténèbres ? La joie, c'est le rayonnement de la vie : la tristesse, inutile et stérile, participe de la nuit et de la mort.
Source : Gallica

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