Ernest Rasetti

Élements biographiques

Ernest Rasetti,  Rosa Romano : les drames du village (1883)

“ Non, mon enfant, dit l'abbé de Ménars, le bon Dieu vous a faite pauvre, vous devez vous incliner devant sa volonté.
– Qu'est-ce que c'est qu'être pauvre ? demanda l'enfant.
– C'est ne rien avoir, dit le curé, rien que ses mains pour travailler, et au-dessus de sa tête le ciel pour prier et espérer.
– Alors, monsieur le curé, c'est tout ce que je possède, dit Rosa en montrant ses petites mains.
– C'est tout, répondit le prêtre.
Rosa fit une petite moue qui signifiait que cela lui semblait bien peu de chose. Puis elle retourna à sa poupée qui parut l'absorber tout entière.
”
Source : Gallica

Ernest Rasetti,  Un drame au village. Volume 2 (1881)

“ Par une nuit mesquine comme celle-là, Macbeth, revenu aux saines précautions, eût mis un tricot, des chaussons de lisière et des sabots pour se rendre au lieu du crime. On eût dit que la banalité des habitants du Bourguy montait dans l'atmosphère comme une rosée de la bêtise humaine.
Paul, malgré ses angoises sans trêve, se sentait envahi par cette inertie de la nature. Il tomba
plutôt qu'il ne s'assit sur une chaise en bambou, ornementée d'incrustations en noix de coco, — joie des yeux de M. Touron! — et, les jambes dolemment allongées, il interrogea la fenêtre de Rosette.
”
Source : Gallica

Ernest Rasetti,  Rosa Romano : les drames du village (1883)

“ La réalité, dit Rosa, n'en est pas moins au terme du parcours.
– Et qu'importe ! si elle n'apparaît qu'après l'épuisement du seul bonheur qui appartienne à ce monde.
– Oui ! mais êtes-vous certain que le bonheur soit dans l'oasis ? demanda mademoiselle Romano avec un sourire ému.
– En doutez-vous ? dit l'Anglais, et il accompagna ces mots d'un regard plein de feu.
Rosa se leva et tendit la main à sir Richard.
– S'il y avait seulement l'oubli dans cette oasis, dit-elle lentement, je m'y arrêterais avec vous, Richard.
”
Source : Gallica

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