Camille Pert

Camille Pert

Résumé

Portrait de Camille Pert Camille Pert Vénale

Suzanne l’écoutait tristement : Germaine avait raison, leur sœur était romanesque.
À elle, que dix années de ménage avaient instruite, le mariage semblait plutôt la période des rêves brisés, tournant court ; le moment où toutes les réalités de la vie se montrent, dures et palpables, s’imposent, inexorables. C’est un bel idéal, en effet, deux êtres se fondant en un seul et se complétant l’un l’autre. Malheureusement, les plus convaincus s’aperçoivent bien vite de l’impossibilité de ce rêve. La nature est là, qui a fait deux êtres complets, distincts, dissemblables, et que rien ne peut unir.
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Portrait de Camille Pert Camille Pert Vénale

Porterait-elle le deuil de l’honneur de sa sœur, tandis que l’adultère, la pensée à mille lieues, se renversait sur sa chaise, la poitrine gonflée de rires, dans un accès de gaieté, amicalement coquette pour le mari et pour l’amant, s’amusant d’un jeu d’enfant sans remords et sans ressouvenirs.
Quel rôle jouait-il, le mari ? Crédule ou indulgent ? Les deux certainement. Sûr de sa femme, dans sa fatuité d’homme, n’imaginant pas qu’il puisse être de ceux que l’on trompe ; fermant les yeux sur les folies mondaines de Germaine, sur sa vie sans règle et ses gaspillages.
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Portrait de Camille Pert Camille Pert Vénale

Germaine, vaincue, pleurait silencieusement, un bras replié sur la figure, tous les souvenirs d’honnêteté stricte de son enfance s’emparant d’elle pour l’accabler.
Après avoir respiré, Suzanne reprit, transfigurée, belle de toute son indignation :
— Tu me dis que tu ne voulais rien connaître de ton amant ?... C’est une dernière lâcheté de ta part... un calcul odieux... Ah ! je te comprends ! de cette façon, tu te débarrassais facilement, et du monde, et de l’amant !... En effet, ceux qui aiment, le monde les surprend bien vite... des regards qui se cherchent...
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