Camille Pert

Camille Pert

Résumé

Portrait de Camille Pert Camille Pert L’Autel

Les yeux pleins de détresse de Suzanne s’attachèrent aux prunelles de la jeune femme tout enflammée de fière révolte.
— Je l’aime tant, balbutia-t-elle, je n’ai que lui au monde !...
Madame Féraud eut un geste.
— Ah ! oui, voilà, murmura-t-elle, plutôt pour elle-même. Voilà cet esclavage de l’épouse, de l’amante, que la maternité n’a pas libérée rejetée dans un autre esclavage, au moins plus logique.
Suzanne l’avait entendue.
— Oui, c’est vrai, reconnut-elle. J’aime Robert avec toute l’ardeur, tout le dévouement et l’abnégation que j’aurais pour un enfant...
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Portrait de Camille Pert Camille Pert L’Autel

Julien protesta.
— Elle ne pourra pas ?... et pour quelle raison ?...
— Pour mille raisons ! — Suzanne adore Robert... Lui, il a pour elle cet amour égoïste des hommes à qui il faut trouver à toute heure, à tout moment, l’amour, la pensée, le corps et le cœur de leur femme. Jusqu’à ces temps derniers, il l’a aimée uniquement, parce qu’en elle il n’y avait pas une parcelle qui ne fût à lui, que pas une de ses pensées n’était distraite de lui... Du jour où la souffrance l’a vaincue, lui a créé une personnalité, ils se sont détachés.
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Portrait de Camille Pert Camille Pert L’Autel

Robert continuait avec volubilité :
— Parlons de nous !... de tous ceux qui, obligés à un décor, à un mensonge de luxe perpétuel, sont cent fois plus dénués, plus misérables que le dernier des prolétaires !... Parlons de toi, de tous ceux qui nous approchent... de nous deux... Suzanne et moi... pour qui l’enfant, en ce moment de notre vie, serait l’obstacle, la pierre qui fait trébucher quand l’abîme est tout autour de soi et que l’on ne se maintient sur l’étroite passerelle qui le traverse qu’à force d’équilibre, d’adresse et d’audace !... Un enfant !... Nous vois-tu un enfant ?...
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