André Laurie,
Mémoires d'un collégien russe
(1889)
“ Depuis que Sacha avait obtenu ses grades, elle avait des élèves plus âgées, et elle gagnait vaillamment sa vie, la chère âme. Chaque jour ajoutait une grâce en elle; nous l'adorions tous, jeunes ou vieux, et elle était la reine incontestée de notre petit cercle. Un soir de juin (que je m'en souviens bien!) nous étions réunis dans le petit salon de l'izba, Sacha, Ardalion Séménovitch, maître Népomuk et moi. Nos deux vieux amis jouaient leur quotidienne partie d'échecs, et Sacha, au piano, me chantait à demi-voix une mélodie de mon opéra que je lui avais apportée à lire. ”
