Augustin Cabanès

Résumé

Augustin Cabanès Grands névropathes

Dostoïevsky disait à celui-là même dont on vient de lire le récit, que ses crises étaient précédées d’une extase enthousiaste ; il ressentait une sensation comme d’euphorie, d’optimisme, « une impulsion à se sacrifier ». Pendant ces instants, il éprouvait « une sensation de bonheur qui n’existe pas dans l’état ordinaire et dont on ne peut se faire aucune idée ». Je sens, disait-il, « une harmonie complète en moi et dans le monde entier et cette sensation est si douce et si forte que pour quelques secondes de cette félicité, on peut donner dix années de sa vie, même sa vie entière ».
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Augustin Cabanès Grands névropathes

Un Oblomov rêve, s’il n’agit point ; il rêve de la gloire d’un conquérant ou d’un artiste, quand il ne pleure pas de pitié sur l’humanité, ou qu’il ne s’indigne pas de l’injustice humaine. Comme Obermann [6] , il pourrait dire : « L’apathie m’est devenue toute naturelle. Il semble que l’idée d’une vie active m’effraye ou m’étonne. Les choses étroites me répugnent et leur habitude m’attache. Les grandes choses me séduisent toujours et ma paresse les craindrait. »
C’est bien d’une maladie de la volonté qu’est atteint Oblomov, c’est-à-dire Gontcharov.
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Augustin Cabanès Grands névropathes

Il est non moins indéniable que non seulement le mal sacré n’a point tué l’art chez celui qui en fut affecté, mais que l’artiste s’en est aidé pour étendre les limites de son art.
« L’esprit souffle où il veut » ; c’est le miracle de l’esprit qu’il puisse tirer profit de la maladie même : par esprit, on doit entendre le souffle, l’inspiration géniale. L’étonnant, dans le cas de Dostoïevsky, c’est que l’épilepsie, loin de porter obstacle à ses travaux littéraires, ait été un adjuvant précieux pour son talent.
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