Grande Russie

Définition et enjeux

Portrait de Anatole Leroy-Beaulieu Anatole Leroy-Beaulieu La Russie et les Russes

Dans les jeux, dans les foules, dans l’ivresse même, le Grand-Russe est généralement paisible et peu bruyant. Parmi les hommes comme parmi les enfans, il y a peu de luttes, peu de tumulte. La foule est silencieuse comme la nature, comme la neige qui dans les rues des villes éteint tout bruit.
La tristesse chez le Russe vient d’une source profonde d’où découle avec elle une secrète humilité. Représentons-nous les impressions séculaires des colons de l’Occident durant leur lent établissement sur le sol de la Grande-Russie. Devant ces espaces aussi illimités que la mer, l’homme se sentait petit.
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Portrait de Anatole Leroy-Beaulieu Anatole Leroy-Beaulieu L’Empire des tsars et les Russes

Les Petits-Russiens sont les méridionaux de la Russie. Plus purs de race que leurs frères de la Grande-Russie, plus voisins de l’Occident, ils tiennent leur caractère d’un sang moins mêlé, d’un climat moins sévère, d’une histoire moins rude. Ils sont plus beaux de visage et plus grands de taille, ils sont plus vifs et plus gais d’esprit, à la fois plus mobiles et plus indolens.
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Émile Ollivier Revue des Deux Mondes

VI. — LA RUSSIE Les pieds dans la mer Noire, la tête au pôle, adossée aux neiges éternelles, protégée par les steppes asiatiques, masse immense, réduit inattaquable par les derrières et par les flancs, la Russie est plus inexpugnable que la Grande-Bretagne dans son île. La Pologne s’interposa longtemps entre l’Europe et elle comme un mur contre lequel elle se brisait ; elle avait abattu le mur en s’installant sur la Vistule. De là elle est en position de tourner une partie de la Prusse, de fondre sur l’Autriche, d’inonder de ses hordes le centre de notre continent.
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