“ Il ressemblait à Robert-Robert, au collégien malade et rêvasseur des maisons antiques où les paons longs se balancent près des grilles, dans la cour, près des colonnes d’ordre dorien, au collégien qui allait aux Indes. ”
Collégien
Définition et enjeux
Citations sur “collégien”
Jean-Alexandre Havard, Les mystères du collège (1845)
“ Le collégien, lui, rêve le jour aux malices qu'il fera la nuit, et bien souvent la nuit aux malices qu'il fera le jour. La nuit, du reste, est favorable aux méditations sur toutes choses, que l'on soit roi, ministre ou collégien. On entend marcher, courir dans le dortoir, qu'est-ce ? Tous les éveillés prêtent l'oreille et se penchent pour regarder. Ils aperçoivent, quoi donc? Oh, c'est délicieux ! un chat gros comme un petit agneau. ”
Jean-Alexandre Havard, Les mystères du collège
“ Toujours est-il vrai que le pion est la bête noire du collégien. Partant, les conspirations contre lui sont toujours en état de permanence. Si nous faisions un livre sérieux, approfondi, nous chercherions à savoir d’où vient la prévention du collégien contre le pion, d’où vient la prévention du pion contre le collégien ; mais notre rôle est plutôt de constater un fait. Le pion a une très-haute opinion de lui. Il porte la tête haute en homme fier de sa position. ”
Jean-Alexandre Havard, Les mystères du collège
“ Voilà la journée d’un collégien confié aux correspondants de l’espèce Carlogne. Mais, nous l’avons dit, le collégien sait tirer un heureux parti de sa position : le lundi il rit comme un bienheureux, avec ses camarades, de son ennui du dimanche. Autant de pris sur l’ennemi. ”
Jean-Alexandre Havard, Les mystères du collège (1845)
“ Toutes ces questions occupent très-gravement le collégien, au point que plus d'un devoir en souffre, et tel qui était le premier de sa classe, perd pour quelques jours sa place d'honneur. Le pion, qu'il appartienne à telle ou telle variété, doit donner à son âme une énergie quelque peu sauvage, une fermeté stoïque; il faut qu'il habitue son corps à la atigue, à la faim, à la soif, à supporter le froid, le chaud, absolument comme ces vieux grognards de la république romaine, pour qui tout cela n'était que pur agrément. ”
Vie héroïque de Guynemer (1946)
“ Depuis sa plus tendre enfance, on peut le suivre dans la vie. Petit bébé en chemise, il a déjà ses yeux brillants et son ardeur. Le collégien a son beau port de tête. La guerre le prend presque collégien : une bonne figure adolescente, les joues pleines, l'air bien posé et paisible. ”
Charles Lefeuve, Histoire du Lycée Bonaparte (Collège Bourbon… (1862)
“ En pareil cas, l'imagination donne une finesse extrême à l'ouïe de plus d'un collégien : d'aucuns croient entendre les aveux et surprendre les péchés mignons de pénitentes du même âge, agenouillées dans les confessionnaux. ”
Jean-Alexandre Havard, Les mystères du collège
“ Individu mal élevé, faubourien. La plus grave insulte qu’on puisse adresser à un collégien. Quoique cette expression figure souvent dans les Mystères de Paris, elle était connue dans les colléges avant que l’ouvrage de M. Eugène Sue fût publié. ”
Céleste de Chabrillan,
Mémoires d'une honnête fille..…
(1865)
“ Quand on sort du collége, c'est à peu près la même chose : un collégien est un monsieur & il faut la croix & la bannière pour l'amener à embrasser un état manuel, à faire choix d'un métier à rabot ou à marteau. Pourtant, lady Merry cessant tout à coup sa protection, il faudrait bien songer à une carrière quelconque, honorable & lucrative. Ni Louis ni Rosette ne songeaient à cela, mais j'y songeais pour eux, & beaucoup. Je m'en entretenais durant de longues heures avec moi, & aussi avec la bonne madame Jeanne, chaque fois que je pouvais me rendre au Christ, c'est-à-dire une fois par mois. ”
Alphonse Fresse-Montval, Jules-Joseph : pensée intime. T. 2 (1835)
“ Notre collégien, car c'en était un que notre jeune insurgé, allait donc tirer son onzième coup et tuer un onzième adversaire, quand un jeune garde royal vint à réfléchir que l'humanité est quelquefois inhumaine, et qu'on aurait sauvé la vie à huit ou dix de ses camarades si l'on eût commencé par rendre balle pour balle à l'intrépide collégien ”
Isaure André du Molin, Journal & fragments (1870)
“ S'il était malade !. Il est si loin! Je compte les heures pour le télégraphe, les jours pour le chemin de fer. Du nord au midi de la France, quelle distance ! —Enfin une lettre arrive, il va bien. Dieu soit béni ! Tout le reste est secondaire. La réflexion venue, je me dis que mes craintes étaient folles, chimériques, ridicules. Au premier retard de la correspondance de mon petit collégien, elles recommenceront, et j'étends, malgré moi, ces mauvais rèves de mon esprit malade à ma sœur, à tous ceux qui me sont chers. ”
Adrien Huart, Les parisiennes (1878)
“ La bonne s'approche du collégien. — Vous attendez M. L.? lui demanda-t-elle. — Oui, répond l'autre en pâlissant. — Eh bien ! elle vous attend dans cette voiture. Et elle lui indique un fiacre qui stationne devant le passage et dans lequel se trouve une vieille femme. Le collégien se précipite dans le véhicule. La bonne rejoint sa maîtresse et l'entraîne par l'autre extrémité du passage Verdeau en murmurant : — C'en est un. — Le galopin !. ”
Édouard Martin,
Collégiens, étudiants et mercadets pour rire
(1853)
“ Alors moi. je l'ai appele canaille. Cestpoure sela que je ne sortirai pas dimenche. Mais ça ne me fait pas trop de paine, parce que j'espere que tu me changeras de pension ma maman. /« Je cesse de t'ccrir pour aller composer. C'est en ortografe. « Envoie moi de l'arjent et du beurre. « Je t'ambrasse tous les deux. « CÉSAR CRAPOUILLOT. » AMOURS ET GUIRLANDES Le collégien est généralement mal peigné. Ses habits sont toujours trop longs ou trop courts. Son habitude de ne pas distinguer le pied droit du gauche donne une forme invraisem blable à ses souliers. ”
Alphonse Karr,
Les guêpes — séries 1 & 2
“ Tout élève qui a profité de ses études sort du collége,—sinon poëte, du moins versificateur et animé d’une haine profonde contre la tyrannie. C’est le moment où il doit devenir commis dans un bureau de ministère,—ou chez un banquier,—ou ferblantier,—ou limonadier,—ou fabricant de cheminées kapnofuges.—Voici pour l’éducation littéraire.—Pour ce qui est des principes,—les vertus qu’on lui a fait admirer au collége sont toutes prévues par divers articles de notre Code pénal. ”
Maurice de Guérin,
Journal, Lettres et Poèmes
(1862)
“ La fascination puissante qu'exerce sur l'âme, comme sur les organes, le passage monotone et continu de quelque chose errante que ce soit, me possède et ne laisse pas mes yeux se détourner un moment de leur spectacle. Je me procure la vie à l'aide du peu de latin que le collége a mis dans ma tête et qui n'y a pas péri, je ne sais comment. ”
Casimir de Ladoue, Vie de Mgr de Salinis... par M. l'abbé de Ladoue… (1873)
“ Je suis de plus très-persuadé que l'esprit général d'un collége dépend en partie de la classe qui forme la tête, et pour ainsi parler, l'aristocratie intellectuelle de cette petite société. Le caractère plus ou moins sérieux de cette classe influe sur toutes les autres. ”
René Muller, Les enfants gâtés (1866)
“ Vous savez tous aussi bien que moi, mes jeunes amis, ce qu'est la vie de collége: douce et facile pour ceux qui travaillent, insipide pour ceux qui ne veulent rien faire. Nous franchirons donc un espace de douze années, employé par Auguste, Charles et Adrien, à se préparer un avenir. Ils n'avaient de fortune ni l'un ni l'autre, ils ne devaient donc compter, pour se faire une position, que sur leur propre mérite ; et comme ni le colonel ni Mme Duvivier ne le leur avaient laissé ignorer, ils avaient agi en conséquence. ”
Eugène Bersier,
Coligny avant les guerres de religion…
(1884)
“ COLIGNY AVANT LES GUERRES DE RELIGION. 231 le dire, elle rallia tout le monde autour d'elle. Mais ce ne fut qu'un élan éphémère. Du jour où elle est veuve, elle louvoie; conserver le pouvoir est toute sa pensée, et la ruse est toute sa politique. Qu'on lise son immense correspondance. On n'y trouvera pas une vue élevée, pas un seul plan d'ensemble ; son amour pour ses enfants est le seul sentiment noble qui l'anime. Parfois elle s'indigne contre la pression qu'exercent sur elle les Guises et l'Espagne. ”
Louis Bautain, Le Chrétien de nos jours : lettres spirituelles… (1861-1862)
“ Dans un collége l'enseignement doit être plus positif, et en chaque partie, logique, métaphysique ou morale, il faut exposer un corps de doctrine. Puis, passant deux heures par jour avec ses élèves, le maître vit avec eux, il les questionne et en est questionné. ”
Eugène Bersier,
Coligny avant les guerres de religion…
(1884)
“ « Le couteau, dit-il, vaut peu contre l'es- 236 VIE DE COLIGNY. prit, si ce n'est à perdre l'âme ensemble avec le corps... Nous devons par tous moyens essayer de retirer ceux qui sont en erreur et ne faire comme celui qui, voyant l'homme ou bête chargée dedans le fossé, au lieu de la retirer, lui donne du pied... La douceur profitera plus que la rigueur. Otons ces mots diaboliques, noms de partis, factions et séditions, luthériens, huguenots, papistes ; ne changeons le nom de chrétien. » Dix-huit jours plus tard, le 1er janvier 1561, commencèrent les délibérations. ”
André-Robert Andréa de Nerciat,
Le Diable au corps
“ Mais, la colere triomphe de ma confusion ; je me défends, je m’accroche au funeste instrument de mon supplice ; nous nous le disputons avec une égale vigueur : c’est à qui l’arrachera des mains de l’autre... ”
Louis Bautain, Le Chrétien de nos jours : lettres spirituelles… (1861-1862)
“ C'est pourquoi, si vous vous décidez à mettre votre fils dans un collége, vous devez préalablement prendre tous les renseignements possibles, et choisir, môme à un prix plus élevé, celui qui offre à l'enfance chrétienne le plus de garanties d'instruction et de moralité. Or, à science égale et même quand il y aurait quelque inégalité sous ce rapport, le meilleur collége sera toujours le plus religieux. La religion seule par sa douce influence, par son action pénétrante et persuasive qui va au fond du coeur, peut succéder à la tendresse maternelle, et jusqu'à un certain point la remplacer. ”
Champfleury,
Balzac au collége
“ Quel enseignement pour les élèves que celui de cette grave figure, de cet écrivain robuste comme le vieux platane qui s’est fait un trou dans la pierre pour baigner ses racines dans le Loir, et qui évoque le souvenir du génie de l’homme faisant éclater les murailles du collége pour penser ! ”
Honoré Bondilh, Louis XVI et Coligny, deux pages d'histoire… (1865)
“ C'est le seul moyen pour qu'il ne devienne pas dangereux ! ! ! La chose est certaine; l'expérience l'a démontré depuis longtemps ; les moutons de l'intolérance rapportent plus au berger que les béliers de l'hérésie. Théocrates et légitimistes, vous avez raison ! Les calamités du genre humain et tous les désastres de l'histoire n'ont d'autre cause que l'esprit de rébellion. . Coligny, vaillant capitaine, homme d'honneur, loyal et fidèle sujet, mais calviniste obstiné, a été légitimement et saintement égorgé par Catherine de Médicis. ”
Eugène Bersier,
Coligny avant les guerres de religion…
(1884)
“ Nous savons bien que la sympathie qui fait deviner les caractères dégénère vite en esprit de parti, et qu'elle transforme aisément ses héros en saints. Dans l'étude du XVIe siècle, où les croyances sont sans cesse en présence, la tentation est grande d'arborer une bannière et de tirer sans scrupule sur le drapeau ennemi. Nos lecteurs verront l'effort continuel que nous avons fait pour n'y pas céder ; ils se convaincront, nous l'espérons, que nous avons voulu être juste; c'est là, nous semble-t-il, la meilleure manière d'honorer Coligny. ”
Eugène Tailliar, Notice sur l'ancienne collégiale de Saint-Pierre de Lille… (1850)
“ Représentant extérieur et politique de la collégiale, c'est lui qui est chargé de toutes les relations, de tous les soins qui se rattachent à la vie féodale; c'est lui qui remplit envers le prince les devoirs dont est tenu le chapitre; c'est lui qui reçoit les hommages, renouvelle les concessions seigneuriales et recueille les droits et prestations auxquels les fiefs sont assujetis. IV. A cette importance féodale de Saint-Pierre et comme pour en rehausser l'éclat, se joignent les richesses qui, à toutes les époques, sont le nerf de la puissance. ”
Mme Tarbé des Sablons, Onésie, ou les Soirées de l'abbaye… (1844)
“ « Non, dit-il, je ne me battrai point, et, je le répète, je vous abandonne ma vie — Va, fils indigne du père qui t'a donné le jour; va, mon mépris pour toi égale désormais ma haine. » Et Coligny va rejoindre ses témoins. Demeuré seul, Enguerrand perd tout son courage ; son âme est en proie aux plus vives émotions; les derniers reproches de Coligny l'accablent : il gémit et ne murmure point; son état est une véritable agonie. ”
Adolphe Perraud,
Oraison funèbre du T. R. P. Captier…
(1871)
“ Il comprit par sa propre expérience ce qu'était pour la formation de l'homme un collége chrétien, et de quelle importance il serait, en un temps troublé comme le nôtre, de multiplier en France le nombre des établissements où la jeunesse apprendrait à concilier, avec l'amour de la patrie et le culte intelligent des lettres et des sciences, une inviolable fidélité aux principes de l'antique foi. ”
Voltaire,
La Henriade, poème, avec les notes et variantes…
(1816)
“ Immédiatement après, les assassins jetèrent le corps par la fenêtre. Coligny tomba et expira aux pieds de Guise, qui lui marcha sur le corps; non qu'il fût enivré de ce zèle catholique pour là persécution, qui dans ce temps avait infecté la moitié de la France, mais il y fut poussé par l'esprit de vengeance, qui, bien qu'il ne soit pas en général si cruel que le faux zèle pour la religion, mène souvent à dé plus grandes bassesses. CIVILES DE FRANCE. xxxiij Cependant tous les amis de Coligny étaient attaqués dans Paris : hommes, enfants, tout était massacré sans distinction ”
Édouard Goumy, Étude sur la vie et les écrits de l'abbé de Saint-Pierre… (1859)
“ Ceux de l'éducation publique n'appartiennent qu'à elle; et ses avantages peuvent se résumer en un seul mot : le collége, c'est déjà la vie. !« Au collége, dit très-sensément l'abbé dans son Projet pour perfectionner l'éducation, les pareils s'entre-corrigent et s'entre-polissent journellement et nécessairement les uns les autres dans leur commerce, à peu près comme les cailloux raboteux se polissent et s'arrondissent dans la mer par leur frottement journalier. » Or rien dans l'éducation privée ne compense la perte de cet immense bienfait. ”
André Dominique Fauqué, Mgr de Salinis dans sa dernière maladie et après sa mort… (1861)
“ Beaucoup d'hommes éminents, qui se sont illustrés dans la politique, les lettres et les sciences, siégeaient dans le conseil de cette société. Ils trouvaient tous que le jeune aumônier de collége était à sa place au milieu d'eux. ”
Alfred de Vigny,
Stello
(1832)
“ Prenez au hasard, au fond d'un collége, quelque grand jeune homme de dix-huit ou dix-neuf ans, tout plein de ses Spartiates et de ses Romains , délayés dans de vieilles phrases, tout roide de son droit ancien et de son droit moderne ; ne connaissant du monde actuel et de ses moeurs que ses camarades et leurs moeurs ; bien irrité de voir passer des voitures où il ne monte pas ; méprisant les femmes par ce qu'il ne connaît que les plus viles, et confondant les faiblesses de l'amour tendre et élégant avec les dévergondages crapuleux de la rue ”
“ Il faut bien connaître le danger pour le combattre ! Mon père (après avoir réfléchi un instant) . — Pour le combattre ! Est-ce qu’on peut le combattre ?... Connaissez-vous un moyen de combattre la calomnie ? Le colonel. — Ah ! c’est donc de la calomnie ? Mon père. — Que voudriez-vous que ce fût d’autre ? Est-ce que la calomnie n’est pas le fléau des petites villes ? Est-ce qu’elle ne surgit et ne se développe pas d’elle-même partout où il y a un mystère ? Le colonel (après un silence) . — Ainsi, l’on nous calomnie ? ”
Louis Besson,
L'Année d'expiation et de grâce…
(1879)
“ L'école de médecine militaire prodigue ses vies les plus précieuses, elle compte quatre victimes, et parmi ces victimes,c'est notre province, c'est notre collége qui fournit un des noms les plus dignes de regret. ”
Eugène Bersier,
Coligny avant les guerres de religion…
(1884)
“ COLIGNY AVANT LES GUERRES DE RELIGION. 185 la bouche. On ne leur pardonnait pas leur austérité, qu'on prenait pour de l'hypocrisie, ni leur dédain des commandements de l'Église. On raillait leur attitude grave, on imitait leur accent, leurs expressions bibliques. Les réformés ripostaient, se moquant à leur tour des moines, de leur crasse ignorance, du luxe des prélats et de leurs désordres, du latin d'église, du culte des saints et des reliques. ”
Amable Tastu,
Album poétique des jeunes personnes…
(1854)
“ Ses serviteurs sanglants dans la flamme étouffés, Les meurtriers en foule au carnage échauffés, Criant à haute voix : « Qu'on n'épargne personne; C'est Dieu, c'est Médicfs, c'est le roi qui l'ordonne 1 » Il entend retentir le nom de Coligny; Il aperçoit de loin le jeune Téligny, Téligny dont l'amour a mérité sa fille, L'espoir de son parti., l'honneur de sa famille, Qui, sanglant, déchiré, traîné par des soldats, Lui demandait vengeance, et lui tendait les bras. ”
