Isaure André du Molin, Journal & fragments (1870)
“ Ailleurs les arbres, le ciel, les champs ne me disent rien; ils parlent ici un langage plein de charme pour mon cœur montagnard. Mme du Deffand écrivait à Mme de Choiseul : « Vous savez que vous m'aimez, mais vous ne le sentez pas. » Ce joli mot me revient sans cesse à la mémoire, et il est vrai, pour moi, de tous les paysages que je trouve en dehors de ma petite province. J'ai aimé la nature, je crois l'aimer encore ; mais je ne le sens pas. Pauvre terre déjà ensevelie sous les brouillards, qui t'aimerait si nous ne t'aimions pas de cette passion exclusive et aveugle? ”
