Isaure André du Molin

Élements biographiques

Isaure André du Molin Journal & fragments (1870)

Ailleurs les arbres, le ciel, les champs ne me disent rien; ils parlent ici un langage plein de charme pour mon cœur montagnard. Mme du Deffand écrivait à Mme de Choiseul : « Vous savez que vous m'aimez, mais vous ne le sentez pas. » Ce joli mot me revient sans cesse
à la mémoire, et il est vrai, pour moi, de tous les paysages que je trouve en dehors de ma petite province. J'ai aimé la nature, je crois l'aimer encore ; mais je ne le sens pas. Pauvre terre déjà ensevelie sous les brouillards, qui t'aimerait si nous ne t'aimions pas de cette passion exclusive et aveugle?
Source : Gallica

Isaure André du Molin Journal & fragments (1870)

Le bon Dieu, qui ne doit pas avoir nos idées sur l'égoïsme, récompensa la pauvre enfant en lui donnant des amies, là, où elle n'aurait dû rencontrer que l'assujettissement et l'indifférence. Elle y resta deux ans; puis, comme elle ne trouvait point d'avenir dans cette douce maison, elle la quitta bravement, toujours avec cette ferme volonté de tracer son sillon et de résoudre le problème de vivre, par elle-même, en faisant le bien.
Que de fois, par un beau soir d'été, quand toute la nature était en fête, elle a senti près de moi sa jeunesse chanter dans son cœur !
Source : Gallica

Isaure André du Molin Journal & fragments (1870)

On a beau dire, les plus malheureux ne sont pas ceux qui s'en vont : les plus malheureux ce sont ceux qui assistent à la ruine de leurs espérances les
plus chères, les plus nobles, les plus légitimes. Il s'en ira, l'illustre maître, plein de vertus et de gloire, plein d'œuvres et de mérites, entouré de vénération, de tendresse, de respects, mais payant son tribut à la douleur puisqu'il aura la certitude de manquer à ses fils et de laisser inachevée cette régénération par la parole et par l'éducation qui fut le grand rêve de sa vie!.
Sorèze, 29 Avril 1861.
Source : Gallica

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