André-Robert Andréa de Nerciat

André-Robert Andréa de Nerciat

Résumé

Portrait de André-Robert Andréa de Nerciat André-Robert Andréa de Nerciat Le Diable au corps

LA MARQUISE. Fi, Comtesse ! Vous avez une imagination...
LA COMTESSE. J’aime voir faire ainsi l’étroite à Madame, qui vient d’engloutir tout-à-l’heure, jusqu’aux poils, un boutejoie d’un pied de long !
LA MARQUISE. Mais un homme est un homme.
LA COMTESSE, avec feu. Et un âne est un âne ! beaucoup au-dessus de l’homme, sans doute, pour ce dont il s’agit. Allons, Marquise, point de pruderie ; du cœur, et sachons ce qu’il en est...
PHILIPPINE, avec un billet. Tenez, Madame, je n’ai pas eu la peine de courir bien loin. Voici un mot d’écrit de la part de votre marchand de ce matin.
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Portrait de André-Robert Andréa de Nerciat André-Robert Andréa de Nerciat Le Diable au corps

« Nous pouvons traiter librement la question devant la Marquise, elle est des nôtres : c’est la Fougere » !...
PHILIPPINE. Des nôtres ! la Fougere ! qu’est-ce que cela pouvait signifier, Madame ?
LA MARQUISE. Je te l’apprendrai quelque jour. En attendant, tu peux savoir que la Fougere est mon nom dans certaine confrairie [1] ... Oh ! je ne voudrais pas, pour tout l’or du monde, n’en point être ; l’esprit humain n’imagina jamais rien d’aussi délicieux. Va, bientôt je t’en ferai recevoir, et tu m’en auras d’éternelles obligations.
PHILIPPINE. Quoi, Madame !
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LA COMTESSE. À vous parler vrai, le desir de ces fantaisies a plus de piquant que la réalité.
LA MARQUISE, avec un
peu de malice. Franchement, Comtesse, il ne nous faut plus des Joujou.
LA COMTESSE, un peu honteuse. C’est cet enragé de Limefort qui m’a sciée. Avant de le connaître, je mettais le monde à la question ; on était estropié : mais ce terrible fouteur vous pourfend une femme impitoyablement : et c’est pour la vie,
LA MARQUISE. Je ne conviens pas de cela tout-à-fait : je me suis donné Limefort, et je m’en suis tirée. Je trouve le grand Chevau-léger beaucoup plus formidable.
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