Alphonse Fresse-Montval

Résumé

Alphonse Fresse-Montval Jules-Joseph : pensée intime. T. 2 (1835)

Madame, dit-il à Eusébia, ayez la bonté, je vous prie, d'éloigner Eulalie pour un instant.
Il mit, à prononcer ce peu de mots, une inflexion de voix si douce et si suppliante, qu'Eusébia en fut émue jusqu'au fond de l'ame; puis elle leva les yeux sur lui, et, s'apercevant qu'il partageait son émotion, elle rougit subitement, car elle se rappela leur rencontre chez Rosine et leur tête-à-tête dans le parc des Herbiers. Une sorte de crainte vague la saisit au coeur et le lui comprima ; le sang lui monta à la tête avec abondance et lui fit retentir dans les tempes de fortes et rapides pulsations
Source : Gallica

Alphonse Fresse-Montval Jules-Joseph : pensée intime. T. 2 (1835)

Impatienté de souffrir, et de souffrir seul, Jules-Joseph abrégea la soirée, et l'on se coucha de bonne heure. L'excellent mari croyait que de la sorte il mettrait fin à son tourment ; vaine espérance ! son tourment n'en continua qu'avec plus de cruauté. Eusébia était trop joyeuse pour dormir; le sommeil est-il possible pour une femme à la veille d'une surprise ? Elle ne dormit donc point, Eusébia; elle se tourna et se retourna toute la nuit, et son pauvre mari joignit au désagrément de ne pas dormir non plus, celui d'appréhender que l'insomnie de sa femme ne résultât d'une indisposition.
Source : Gallica

Alphonse Fresse-Montval Jules-Joseph : pensée intime. T. 2 (1835)

Examinons-le ensemble, Jules-Joseph, avec autant d'impartialité que si cela ne nous regardait point, avec autant de confiance et de simplicité qu'une soeur et un frère en auraient l'un pour l'autre.
C'est chose douce et séduisante que le mariage, poursuivit Eusébia, à qui le regarde de loin et sous les traits que son imagination lui prête : une ame en deux corps, une volonté servie par de doubles organes, une constante et religieuse persévérance apportée tour à tour par l'un des deux à se sacrifier à l'autre
Source : Gallica

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