René Delorme

Une coquine (1879)

Résumé

René Delorme Une coquine (1879)

J'ai été au Palais de Justice, et je me suis résignée à rester vieille fille et femme de chambre toute ma vie.
– Non pas, dit Albert.
– Vous avez compté sans nous, ajouta Mme de Noves.
– Vous vous marierez avec l'homme que vous aimez, reprit le banquier, et, puisque vous avez besoin de vingt mille francs, je ne vous les prête point, je vous les donne.
– Et moi, dit Mme de Noves, je vous en donne encore autant. Il faut que la vertu soit récompensée. Je veux
que vous soyez très heureuse avec l'homme de votre choix, et, si jamais vous avez besoin de quelque chose, venez nous trouver.
Source : Gallica

René Delorme Une coquine (1879)

La tète du vieillard retomba lourdement sur le sol.
Quel travail terrible se fit-il dans l'esprit du mourant ?
Il avait cru, jusque-là, à l'amour de Mme de Lanchaire.
Il avait cru à ses protestations répétées de dévouement et de reconnaissance. En se sentant l'objet d'un aussi indigne traitement, en voyant se dresser près de lui une femme toute différente de celle qu'il avait connue, une mégère furieuse, méchante, féroce, à la place d'une amante docile, il comprit de quelle basse comédie il avait été la dupe pendant si longtemps. Son coeur se déchira.
Source : Gallica

René Delorme Une coquine (1879)

Il y a deux chemins pour arriver au coeur de l'homme :
L'un est celui de la vertu ; c'est le plus long. Les apparences modestes, l'attitude virginale, la naïveté d'une Agnès font germer et naître l'amour lentement, doucement.
L'autre chemin est celui de la passion. Il convenait mieux à la nature et à l'âge de Mme de Lanchaire, trop marquée pour jouer les ingénues. Aimer un homme, le lui faire comprendre, lui prouver qu'on est prête à tout oublier pour lui, c'est le prendre par ses deux points faibles : par son orgueil, que l'on flatte ; par ses sens, que l'on excite.
Source : Gallica

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