René Delorme

Élements biographiques

René Delorme,  J'ai tué ma femme (1880)

“ Cette circonstance, M. de Kersac était bien décidé à l'attendre. Il aimait la comtesse comme il pouvait aimer, avec un cœur plus accessible au caprice qu'à la passion profonde. Mais jamais, chez lui, caprice n'avait autant ressemblé à l'amour que celui que lui inspirait Olga de Feutray.
Comme la valse finissait, M. de Kersac reconduisit sa danseuse à la place qu'elle lui indiqua ; il eut soin, chemin faisant, de lui faire entendre qu'il était fier de
l'amitié du comte et de la comtesse de Feutray, et qu'il n'avait rien tant à cœur que de la mériter par sa sincérité et par son dévouement.
”
Source : Gallica

René Delorme,  Fleurs troublantes (1889)

“ Jeanne accourut.
A mesure qu'elle s'approchait, le détail de sa beauté devenait plus visible. L'apparition, presque diaphane d'abord, se faisait précise. Tout à l'heure, quand elle s'était montrée parmi les clématites, on ne distinguait que le contour ovale de son visage et la splendeur de ses cheveux blonds ; c'était comme l'ébauche d'une aquarelle sur laquelle les teintes et les lignes principales sont seules indiquées. Maintenant Armand pouvait admirer la pureté de son front, la finesse de ses traits, la grâce de ses lèvres.
Il était impossible de rêver un ensemble plus gracieux.
”
Source : Gallica

René Delorme,  Le Musée de la Comédie-française (1878)

“ Plus heureux que Baron, Molé reparut à soixante-cinq ans dans l'Inconstant, un rôle fait pour un jeune homme de vingt ans. Il y fut si léger, si vif, si pétulant dans ses mouvements, si rapide et si brillant dans sa diction, dans les caprices et les impatiences de ce caractère, qu'il fut évident pour tout le monde qu'à aucune époque de sa vie il n'avait pu être plus parfait dans le rôle.
Nul n'a joué avec autant de puissance et d'autorité le Misanthrope. Son talent ferme et plein s'harmonisait avec les intentions de Molière.
”
Source : Gallica

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