Résumé

René Delorme Le Musée de la Comédie-française (1878)

Caffieri, lui aussi, sculptait d'une main rayonnante; il prenait du génie pour représenter le génie. Qui ne s'est arrêté, tout émerveillé de la grandeur de l'homme, devant la tête de Rotrou ! Il y a du dieu là-dedans, comme je viens de le dire. On sait sa vie : tout un sacrifice jusqu'à la dernière heure. On a parlé de l'Apollon du Belvédère, comme la plus haute expression du beau illuminé par le génie; pour moi, c'est le marbre de Rotrou, que dis-je, le marbre!
c'est la vie elle-même, c'est la poésie qui rêve, c'est la passion qui se souvient, c'est l'héroïsme qui veille.
Source : Gallica

René Delorme Le Musée de la Comédie-française (1878)

Le talent dépensé par Houdon dans ce merveilleux morceau de sculpture, loin d'être une excuse à sa faute, est une aggravation. Autant il est louable à un grand artiste de faire le portrait exact d'un grand homme, autant il est criminel d'en composer une image toute de fantaisie. Molière n'a pas à se plaindre, dira-t-on peut-être, on l'a flatté. Certes, c'est un beau monsieur que Houdon a sculpté, c'est une allégorie du génie comique, si l'on veut; mais ce n'est pas Molière.
Source : Gallica

René Delorme Le Musée de la Comédie-française (1878)

Une des meilleures toiles du Musée de la Comédie-Française est celle devant laquelle nous nous arrêtons maintenant. Qu'on imagine un cadre de dimension moyenne, au fond duquel sourit à pleines lèvres une figure d'acteur comique. Bien servi par la nature, le comédien représenté sur ce tableau a la laideur spirituelle qui convient à son emploi, le masque large où les impressions se manifestent grandement, puissamment; où le rire se fend d'une oreille à l'autre; où les yeux, pétillants, se font plus petits pour être plus acérés.
Source : Gallica

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