Mademoiselle Clairon

Définition et enjeux

Portrait de Jean-François Marmontel Jean-François Marmontel Mémoires (1846)

Mon enthousiasme pour le talent de mademoiselle Clairon était un sentiment trop vif en moi, trop exalté, pour qu'il me soit possible de démêler, dans ma passion pour elle, ce qui n'était que de l'amour ; mais, indépendamment des charmes de l'actrice, elle était encore à mes yeux une amante très-désirable par une jeunesse brillante de vivacité, d'enjouement, et de tous les attraits d'un naturel aimable, sans mélange d'aucun caprice, et avec le désir unique et les soins les plus délicats de rendre son amant heureux.
Source : Gallica

François Barrière Mémoires de Mme Du Hausset : femme de chambre de Madame de Pompadour… (1846)

Elle en joua beaucoup plus mal. Mademoiselle Clairon ne paraissait pas, que les battements de mains ne recommençassent, et les sifflets pour l'autre. Ce fut avec grande peine qu'elle fut jusqu'au bout ; et l'on présume qu'elle ne cherchera plus à se trouver en concurrence avec mademoiselle Clairon. Les niais du parterre ne pouvaient concevoir cela. « Nous voyons bien, disaient-ils, pourquoi l'une est huée ; mais pourquoi applaudir l'autre, qui ne dit mot? » Mademoiselle Clairon, pour se délasser, joua Cathos dans les Précieuses ridicules, et s'amusa comme une reine.
Source : Gallica

Portrait de Louis Petit de Bachaumont Louis Petit de Bachaumont Mémoires secrets de Bachaumont…

Mademoiselle Dumesnil [52] est sans contredit plus actrice-née que mademoiselle Clairon ; son jeu est plus naturel, plus décidé, plus franc ; mais son amour-propre lui aurait dû conseiller de se retirer, il y si quelques années. Elle n’a pas senti qu’elle ne pouvait que perdre à mesure que sa rivale gagnerait : ce n’est pas qu’elle ne lui fasse encore éprouver quelquefois son ancienne supériorité, qu’elle ne l’écrase des élans de son génie.
Source : Wikisource

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