Résumé

A. Houssaye Revue des Deux Mondes

La nature où nous respirons est aussi notre mère ; le plus souvent notre ame se forme à son image. Si nous sommes peintre ou poète, si Dieu nous a permis de reproduire son œuvre, c’est la nature du pays natal qui est notre première inspiration. L’ame de tout homme de génie est un miroir qu’il promène le long du chemin. On peut donc s’étonner de prime-abord de trouver le berceau et la tombe de Jacques Callot dans cette nature douce et souriante. Est-ce donc là qu’il voyait ses capitans, ses matamores, ses sorciers, ses bohémiens, toute cette galerie splendide des curiosités humaines ?
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A. Houssaye Revue des Deux Mondes

Le temps a tout éparpillé, tout mutilé, tout détruit ; il ne nous est resté que le nom de l’artiste.
Venu après Albert Dürer et avant Rembrandt, Callot, malgré tout son génie, s’efface un peu entre ces deux grands maîtres en l’art de peindre et de graver. Albert Dürer est une imagination tout allemande, il est pur, il est simple, il est naïf jusqu’au sublime ; il dédaigne l’esprit et la manière ; il lui manque l’idéal du beau, mais il caresse avec amour l’idéal de l’expression. Le sentiment est son génie, la forme lui fait souvent défaut.
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A. Houssaye Revue des Deux Mondes

Quand Jacques fut habillé des pieds à la tête, il murmura avec un certain sourire d’espérance : — Voilà un habillement qui irait à merveille pour mon voyage d’Italie. Jusque-là il n’avait songé à l’Italie qu’en tremblant ; il commença à s’abandonner à ce rêve avec plus de confiance. Tout en allant à l’église, il promena son imagination dans les montagnes de la Suisse et du Tyrol. Les chants de la messe, le soleil rayonnant sur l’autel à travers des vitraux gothiques, la fumée des encensoirs, l’exaltèrent au plus haut point. L’Italie, l’Italie ! lui criait une voix inconnue.
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