Jacques Fouquet

Résumé

Jacques Fouquet La vie d'Ingres (2e édition) (1930)

En 1859, Ingres signe un de ses tableaux les plus fameux : le Bain Turc. Nulle part dans son œuvre l'érotisme ne s'est mieux avoué. De tout temps, la pensée du harem, de femmes inactives et dévêtues, somnolant dans des palais remplis de fontaines aux murmures monotones, l'a enchanté. Très réservé, très formaliste, très bourgeois, on peut être sûr que M. Ingres n'a jamais eu une vie déréglée. On ne l'a jamais entendu manifester par des mots légers une humeur égrillarde. Mais il se berce de visions charnelles avec complaisance, lorsqu'il s'y sent engagé par l'amour de l'Art.
Source : Gallica

Jacques Fouquet La vie d'Ingres (2e édition) (1930)

Quel profit le jeune pensionnaire peut-il tirer de ces sottises écolières ? Certes, l'Académie croit mitiger l'éloge et la critique en signalant des parties correctement dessinées. Mais, M. Ingres, lui, depuis qu'il est en Italie, croit apercevoir ceci : « Il n'y a pas de dessin correct ou incorrect, il y a du dessin beau ou laid, voilà tout. »
Quelle plaisante conception les Académiciens ont du dessin ! Il leur suffit qu'un bonhomme soit bien d'aplomb sur ses jambes ou bien assis sur sa chaise pour le trouver bien dessiné et selon leur propre mot « rendu avec vérité ».
Source : Gallica

Jacques Fouquet La vie d'Ingres (2e édition) (1930)

Si M. Ingres n'a voulu que faire parler de lui n'importe en quel sens, il ne faut pas s'étonner de la manière bizarre qu'il a adoptée, et l'on peut dire sans crainte de se tromper que le succès a passé ses espérances. Mais s'il prétendait aux suffrages du public, dont il est digne, et à l'approbation des hommes de l'art, on peut dire avec non moins d'assurance que M. Ingres lui-même s'est trompé. Il fallait pour mériter cette approbation une pose plus élégante et des draperies mieux jetées ; il fallait que la tète du héros eût moins de pâleur et plus de ressemblance.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature