Eugène Moret

Résumé

Eugène Moret Les millionnaires de Paris (1877)

Coquillard !... c'était un nom célèbre à Paris, il y a quelques années. Ce nom-là, si roturier et vulgaire qu'il se présentât, sonnait l'or à pleines oreilles. Aussi à peine se fut-il montré qu'il regretta d'être venu. On en voulait à sa bourse, à sa montre, à sa chaîne, jusqu'à ses bagues et au portefeuille qu'on soupçonnait dans la doublure de son paletot fourré d'astrakan.
Les dames les plus sages du demi-monde vous dévaliseraient un millionnaire sans pitié et le mettraient nu comme un ver sur le trottoir.
– Le duc de Rivarez est-il ici ? demanda-t-il d'une voix presque honteuse.
Source : Gallica

Eugène Moret Les millionnaires de Paris (1877)

L'oeil était terne, sans chaleur et sans vie. Un pli amer creusait la lèvre supérieure. La respiration était douce, mais pénible. Elle était assoupie, et, dans ce demi-sommeil, on eût dit qu'elle était morte.
Au bruit que fit Taboureau, sa tête se souleva et ses yeux s'ouvrirent.
– Qui est là ? demanda-t-elle avec un accent de stupeur.
Son mari avança sans répondre.
– Est-ce toi, Blanche ? dit-elle, pensant à sa soeur.
Elle chercha à percevoir dans la pénombre, et, ses
yeux s'habituant à la lumière en même temps que ses esprits s'éveillaient, elle reconnut son mari.
Source : Gallica

Eugène Moret Les millionnaires de Paris (1877)

Jacques Raymond regarda son interlocuteur avec une vive anxiété :
– Allez-vous m'apprendre, dit-il d'une voix tremblante, qu'il me faut renoncer à la main de Geneviève ?
– Non, mon ami, dit Coquillard, ce n'est pas cela que je veux vous dire, mais j'ai voulu vous éclairer sur notre situation respective. J'ai voulu vous montrer tous les périls que vous alliez affronter en entrant dans ma famille.
Des périls...
– Il est inutile, voyez-vous, Raymond, de se le dissimuler davantage, dit Coquillard d'une voix émue. J'ai des ennemis, de nombreux et puissants ennemis.
Source : Gallica

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