Alix Bressant

Alix Bressant

Une paria (1865)

Résumé

Portrait de Alix Bressant Alix Bressant Une paria (1865)

Je vous aime tant, Jeanne, que j'ai peur et frissonne à la vue de votre jeunesse, de votre beauté, de votre talent; ayez pitié de ma folie, soyez dure et terrible; laissez-moi mourir sans espoir à vos pieds, aujourd'hui, plutôt que de m'y voir succomber lentement dans l'avenir sous les glaces de votre indifférence.
— Relevez-vous, Raymond, Jeanne vous aimait aussi ! et c'est la Farnina qui veut se donner à vous tout entière. Sur la mémoire de ma mère, je jure de vous aimer toujours! Sachez bien, continua la jeune fille, que si vous m'oubliiez un seul jour, je sens que j'en mourrais.
Source : Gallica

Portrait de Alix Bressant Alix Bressant Une paria (1865)

Quoique ta bouche ait dit, Raymond, je lui pardonne ! Le poème d'amour que m'ont chanté ses lèvres est trop beau, pour que je puisse la maudire jamais ! Va, mon coeur ne saurait aimer deux fois ! De près ou de loin, sois sûr de sa fidélité.
Jeanne ! ma Jeanne ! ne me quitte pas ; ton départ me tuerait ! s'écria le duc effrayé des derniers mots de sa maîtresse.
L'amant s'humiliait enfin ! il se traînait, à présent, aux genoux de cette femme, trempant ses mains de larmes, les dévorant de baisers, et répétant comme un fou : Jeanne ! ma Jeanne ! ton départ me tuerait !...
Source : Gallica

Portrait de Alix Bressant Alix Bressant Une paria (1865)

J'ai perdu le coeur de mon coeur, l'âme de mon âme ; je ne reverrai plus jamais celui que j'aime ; jamais plus je n'entendrai le son de sa voix adorée! Il est parti, mon amour, ma vie! il est parti et ne reviendra pas !... Ah ! ma soeur, emportez-moi dans les plis de votre voile sombre, étouffez les cris de ma jeunesse sous les voûtes noires et sans échos de votre couvent, faites-moi mourir, ma soeur, faites-moi mourir comme vous êtes morte au monde !
— Mourir au monde, enfant, pour un fiancé !... n'as-tu donc point de mère ?
Source : Gallica

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