Alfred Assollant

Alfred Assollant

Résumé

Portrait de Alfred Assollant Alfred Assollant Rose d'Amour

Je ne sais pas ce que pensa Bernard; mais il fit bonne contenance devant moi et me dit: «Rose-d'Amour, compte sur moi comme je compte sur toi, et ne crains rien. S'il faut partir, je partirai, je resterai sept ans en Afrique, ou en Allemagne, ou en Italie; mais dans le pays où l'on m'enverra, je ne penserai qu'à toi, je n'aimerai que toi, et si tu m'aimes encore dans sept ans nous serons heureux tout comme aujourd'hui, foi de Bernard!» Je le crus sur parole, mais je ne pus m'empêcher de pleurer. Sept ans! Hélas! madame, quand on est jeune et qu'on aime, sept ans, c'est la vie entière.
Source : Gutenberg

Portrait de Alfred Assollant Alfred Assollant Rose d'Amour

«Bonsoir, Sans-Souci, comment va ta petite bâtarde?»
A ces mots, mon père, qui était l'homme le plus doux du monde et le plus ennemi des batailles, devint pâle comme un mort; il déposa Bernardine à terre, et saisissant l'homme aux cheveux, il le roula dans la poussière et l'accabla de coups de pied et de coups de poing.
Les voisins voulurent l'arracher de ses mains, mais mon père y allait avec tant de rage qu'on ne put jamais délivrer l'autre; à peine si l'on parvint à le relever à demi, tout sanglant et la bouche écumante.
Source : Gutenberg

Portrait de Alfred Assollant Alfred Assollant Rose d'Amour

«Ah! la maudite conscription!» Sur quoi mon père, le vieux Sans-Souci, me dit en me prenant sur ses genoux: «Mon enfant, c'est la loi. Ce n'est pas nous qui l'avons faite, mais que veux-tu? c'est la loi... Et après tout, Bernard, s'il y a guerre, tu reviendras peut-être colonel, ou général, ou maréchal comme au temps de l'autre».
Pauvre père! il cherchait à me consoler, mais je voyais bien sa tristesse qui était peut-être plus forte que la mienne parce que les vieilles gens désespèrent aisément de tout; les jeunes, au contraire, croient toujours que le bon Dieu va venir à leurs secours.
Source : Gutenberg

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