Comtesse de Ségur

Comtesse de Ségur

Résumé

Portrait de Comtesse de Ségur Comtesse de Ségur La Fortune de Gaspard (1866)

Thomas. Quelle fortune a-t-elle ?
Gaspard. Je n’en sais rien.
Thomas. C’est drôle, ça. Est-elle jolie ?
Gaspard. Je n’en sais rien ; je ne l’ai jamais vue.
Thomas. Mais ce n’est pas possible. Comment, tu épouses une femme que tu n’as jamais vue ?
Gaspard. Oui, mon père ; c’est un mariage d’affaires. C’est pour l’avantage des usines.
Thomas. Et si cette femme est laide, sotte et mauvaise ?
Gaspard. Il faudra bien que je la garde tout de même.
Thomas. Malheureux ! Mais tu mèneras une vie de chien, une vie de galérien !
Gaspard. Non, mon père. Je vivrai pour M. Féréor et pour ses usines.
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Portrait de Comtesse de Ségur Comtesse de Ségur La Fortune de Gaspard (1866)

Mon père, ne battez plus Gaspard ; vous l’avez déjà tant battu.
Le père Thomas. Je l’ai battu, et je le battrai encore, s’il me plaît de le battre. Et toi, tu n’as rien à dire ; cela ne te regarde pas.
Lucas. Cela me regarde, car Gaspard est mon frère, et j’ai du chagrin de le voir souffrir.
Le père Thomas. Laisse-moi donc tranquille ! S’il souffre, c’est bien sa faute.
Lucas. Ce n’est pas sa faute s’il aime l’école et s’il veut être savant.
Le père Thomas. Savant ! Joli état que celui de savant ! Ce n’est pas les livres qui vous mettent de l’argent dans la poche et du pain dans la huche.
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Portrait de Comtesse de Ségur Comtesse de Ségur La Fortune de Gaspard (1866)

Quand le cocher avança, Gaspard ouvrit la portière, aida M. Féréor à monter, et se plaça près de lui.
M. Féréor. Que fais-tu donc, Gaspard ? Va t’amuser encore ; on va tirer un superbe feu d’artifice.
Gaspard. Permettez-moi, mon père, de vous accompagner. Vous savez que je me trouve plus heureux près de vous que partout ailleurs.
M. Féréor. Viens alors, mon enfant. Moi aussi, je t’aime : moi qui n’ai jamais aimé personne, je me sens le cœur remué par ta tendresse et par tes soins. Je suis heureux de ton bonheur ; j’aime à t’avoir près de moi ; en un mot, je t’aime.
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