Résumé

Portrait de Albert Laberge Albert Laberge Quand chantait la cigale

Et ainsi, chaque instant, m’a donné le maximum de sensations et d’émotions que procure la vie calme et réfléchie. Les roses du jardin, la berge au gazon frais et moelleux, la lune qui se levait le soir au-dessus du coteau, me représentaient le décor dans lequel vécut et médita le vieil Omar.
Et bien qu’il soit retourné à la terre depuis plus de cinq cents ans, sa pensée vit en moi plus forte que si j’étais son fils selon la chair et ses strophes montent à mes lèvres comme une prière.
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Portrait de Albert Laberge Albert Laberge Quand chantait la cigale

Toute la nuit pendant que les vieux accablés de fatigue et d’années et les jeunes en proie aux rêves de l’adolescence dorment dans leur lit, la main se dresse, s’élève comme si elle voulait saisir une fleur, un fruit, là-haut.
Parfois, l’on entend un chien qui jappe, un autre qui lui répond. Le silence brisé un moment se fait ensuite plus profond, et dressé au bord de la rivière si sombre, le jeune ormeau agite vers le ciel ses rameaux en forme de main. Ils se dressent, il s’élancent.
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Portrait de Albert Laberge Albert Laberge Quand chantait la cigale

Dans l’immense azur du ciel, de blancs nuages partent en caravanes heureuses. Au bord de la route, les rameaux des érables et des platanes couverts d’une rouge floraison qui fera bientôt place au feuillage, baignent dans l’air tiède et lumineux. Dans un peuplier, j’entends la voix familière d’un étourneau, une voix qui me ramène quarante ans en arrière, à la vieille maison paternelle où, chaque printemps, une foule de ces oiseaux faisaient leurs nids dans les grands arbres. Dans la haie d’un verger, je vois, avec quelle allégresse, les gros bourgeons verts des lilas.
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